Projet de recherche : M. del Mar Valls Fusté, « Desmontando el Mudéjar: inscripciones árabes en iglesias medievales aragonesas (siglos XIII-XV) »

La RCPPM est heureuse d’annoncer que Territorio Mudéjar (Diputación de Zaragoza-Aragón), l’association aragonaise centrée sur la gestion et la conservation de l’héritage Mudéjar, a retenu le projet de recherche Desmontando el Mudéjar: inscripciones árabes en iglesias medievales aragonesas (siglos XIII-XV), porté par Maria del Mar Valls Fusté (docteure en histoire de l’art de l’Universidad Rovira i Virgili et membre de la RCPPM).

Ce projet a pour objectif l’étude et la contextualisation des inscriptions arabes conservées dans les églises médiévales de l’ancien territoire de la couronne d’Aragon, notamment sur les charpentes peintes, support important de ces inscriptions. Les résultats et les activités liées au projet seront publiés sur le site de l’association. Vous pourrez y découvrir d’autres projets de recherche relatifs aux charpentes de la région, comme le projet « Madera Mudéjar« , qui se consacre à l’étude matérielle de ces œuvres.

Choeur (tribune) de l’église Santa María de Tobed (vers 1400) (Aragon, Espagne). Cloisoir avec une inscription arabe peint (shahāda: profession de foi islamique) : لا إله إلا الله ‘lā-ilāha illà-Llāh’ (Il n’y a pas d’autre dieu que Dieu). © Maria del Mar Valls Fusté.

Résumé du projet :

Dans la couronne d’Aragon, parmi les décorations picturales des intérieurs sacrés, funéraires et privés, on trouve un répertoire de doxologies et d’éloges arabes soigneusement sélectionnés, qui ont été appropriés et progressivement assimilés. Son caractère propitiatoire et prophylactique a été conservé et (re)sémantisé. Nous pouvons donc affirmer que sa présence dans les espaces chrétiens était absolument délibérée et programmatique. L’un des problèmes que pose l’art mudéjar – et qui a suscité tant d’intenses débats académiques entre ses détracteurs et ses défenseurs -, est sa conception selon laquelle la calligraphie arabe avait un caractère exotique et que sa présence dans différentes constructions chrétiennes médiévales répondait à une philia esthétique (l’islamique). Dépouillées de leur sémantique, ces inscriptions étaient interprétées comme une simple ressource ornementale ou comme une expression subversive qui serait passée inaperçue auprès du public non arabe.
Une approche transculturelle permet de revoir l’étude des inscriptions arabes dans des contextes non islamiques, apportant des données nouvelles et stimulantes à une ligne de recherche actuelle : celle des transferts artistiques entre Al-Andalus et les royaumes péninsulaires chrétiens. Fort de ces prémisses, le présent projet propose d’étudier les inscriptions peintes arabes conservées dans les intérieurs sacrés et funéraires médiévaux aragonais, avec une attention particulière à celles présentes sur les plafonds peints entre la fin du XIIIe siècle et la première moitié du XVe siècle. Divers aspects du problème seront interrogés au sein de cette chronologie : pourquoi certaines formules sont-elles sélectionnées à partir du répertoire épigraphique arabe ? Lesquelles survivent dans le temps ou se répètent plus fréquemment ? Quel rôle l’élite sociale chrétienne a-t-elle joué dans ce processus d’assimilation ?

Détail charpente-voûte de muqarnas (1374-1381), chapelle funéraire de l’archevêque de Saragosse Lope Fernández de Luna, église del Salvador (Saragosse, Espagne). Épigraphie islamique: هلفظحا ا Al-hafiz Allāh, al-hafiz li-llāh (La protection de Dieu) / sous les arcs des muqarnas : الملكملك ا للههل ل al-mulk li-llāh (la souveraineté appartient à Dieu). © Maria del Mar Valls Fusté.

Source : https://www.territoriomudejar.es/territorio-mudejar-concede-tres-estancias-y-tres-residencias-artisticas-para-proyectos-innovadores-que-potencien-la-conservacion-y-el-uso-del-patrimonio-mudejar-en-el-medio-rural/

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