Vocabulaire technique

GLOSSAIRE DES TERMES TECHNIQUES

Le glossaire des termes techniques présenté ici est extrait de la thèse de doctorat d’Emilien Bouticourt en archéologie médiévale, Construire des charpentes autrement : le Midi rhodanien à la fin du Moyen Âgesous la direction de M. Philippe Bernardi et soutenue le 22 octobre 2014 à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne (Ecole doctorale d’Archéologie ED112/ LAMOP – Laboratoire de Médiévistique Occidentale de Paris UMR 8589.) L’Association Internationale de Recherche sur les Charpentes et les Plafonds Peints Médiévaux le remercie chaleureusement d’avoir autorisé la reprise de son glossaire sur notre site.

BOUTICOURT (É.), Construire des charpentes autrement : le Midi rhodanien à la fin du Moyen Âge, sous la direction de Philippe BERNARDI (CNRS-LAMOP), Thèse de doctorat en Archéologie médiévale soutenue à l’Université Paris 1 – Panthéon Sorbonne, octobre 2014, (2 vol.), ; « Glossaire des termes techniques », p.395-410.

Publication de la thèse : BOUTICOURT (É.), Charpentes méridionales. Construire autrement :  le Midi rhodanien à la fin du Moyen Âge, Arles, édirions Honoré Clair, mars 2016 ; Glossaire p.305-321.

« Le glossaire présenté ici rassemble la plupart des termes techniques employés dans notre étude. Les définitions proposées sont dans la grande majorité empruntées à des traités de charpente, des dictionnaires, des encyclopédies, etc (1). Certaines ont toutefois été adaptées pour correspondre aux spécificités des charpentes du Midi. Parfois le mot défini est extrait de nos travaux menés avec le groupe LIGNA sur le vocabulaire des charpentes de Méditerranée. En effet, les pièces de charpente et certains ouvrages particuliers ne trouvent pas de place dans les sources habituelles qui ont les charpentes septentrionales comme seul élément de référence (2).», Emilien Bouticourt.

Les auteurs des définitions suivantes sont signalés par leurs initiales :

  • A.-C. D. : Augustin-Charles D’Aviler
  • C.P.C.D. : Compagnons passants charpentiers du devoir
  • É. B. : Émilien Bouticourt
  • F. É. : Frédéric Épaud
  • J.-M. P. : Jean-Marie Pérouse de Montclos
  • M. G. : Manfred Gerner
  • M.-T. B. ; D. B. : Marie-Thérèse Baudry et Dominique Bozo
  • Ph. V. : Philippe Valentin
  • S. J. : Sophie Jossier

 ___________________________________ A ___________________________________

About n. m. Extrémité façonnée d’une pièce de bois (C.P.C.D).

Abouter v. t. Mettre deux pièces de bois bout à bout, en les réunissant par un assemblage (C.P.C.D).

Adent n. m. (du lat. dens : dent). Entaille ou partie saillante faite sur les faces des deux pièces de bois pour permettre de réaliser un assemblage par imbrication, s’opposant à leur glissement : «une poutre composée peut-être constituée par la superposition de plusieurs éléments réunis par des assemblages à adents». (CPCD)

Ais d’entrevous n. m. Planche destinée à clore l’espace entre les solives permettant de constituer l’aire qui supportera le sol des locaux. Les ais ou planches d’entrevous sont soit parallèles aux solives, soit perpendiculaires. (É. B.)

Aisselier n. m. Lien travaillant dans un plan vertical, soulageant une pièce horizontale et portant sur une pièce verticale ou oblique. L’aisselier plein est une console. (J.-M. P.).

Arbalétrier n. m. (dér. d’arbalète) Élément de ferme incliné suivant la pente du comble et recevant les pannes : «les arbalétriers, l’entrait et le poinçon constituent les pièces principales d’une ferme». (CPCD)

Arasement n. m. Face d’un assemblage, généralement perpendiculaire à l’axe d’un tenon, et formant épaulement à la naissance de celui-ci. (CPCD)

Arêtier n. m. Pièce oblique formant l’arête saillante d’un toit. Demi-ferme d’arêtier. Ne pas confondre l’arêtier de charpente avec l’arêtier de couverture ou avec le chevron d’arêtier. (J.-M. P.)

Assemblage n. m. 1. Action d’assembler. 2. Liaison de deux ou plusieurs éléments en bois ou en acier. L’assemblage est susceptible de reprendre des efforts de traction, de compression ou de cisaillement : «lorsqu’il est en bois, l’assemblage peut être assuré par simple contact bois sur bois ou par l’intermédiaire de clous de boulons ou d’assembleurs ; lorsqu’il est en acier, il fait, en particulier, appel au boulonnage ou à la soudure». (CPCD)

Aubier n. m. 1. Partie tendre de l’arbre, plus ou moins importante, selon les espèces, et située entre l’écorce et le bois parfait (ou cœur de l’arbre) : «chaque année, une partie de l’aubier se transforme en bois parfait ; le bois meurt alors, et n’est plus irrigué par la sève». 2. Double aubier : partie d’aubier situé entre deux couches de bois sain. (CPCD)

Avant-toit n. m. Partie du versant s’étendant au-delà de l’aplomb des murs gouttereaux. (J.-M. P.)

Avant-trou n. m. Percement d’un trou de diamètre infé- rieur ou égal à celui de la pièce (pointe, tire-fond, vis, cheville ou broche) devant s’y loger, de manière à faciliter sa mise en place. (CPCD)

Aviver v. C’est en charpenterie couper le bois à vive-arête ou à angle vif […]. (A.-C. D.)

___________________________________ B ___________________________________

Barbelure n. f. Pointe, aspérité disposée en barbe d’épi permettant de retenir un clou dans une pièce de bois. (É. B.)

Barbes n. f. Petites inégalités qui restent à certains ouvrages de métal, et qu’on enlève avec un outil tranchant (S. J.) ;

Barbilles n. f. «Petite barbe», fibres de bois plus ou moins arrachées laissées à la surface des pièces débitées par l’avoyage de la scie. (É. B.)

Blanchir v. Il s’agit d’enlever les traces de hache ou de scie de la surface des pièces de bois livrées brutes d’équarrissage pour leur donner un aspect plus net. (É. B.)

Bille n. m. Tronçon d’une grume obtenue par sectionnement : «la bille peut être brute avant son débit, ou former un plot après avoir été débitée sur dosse». (CPCD)

Bisaiguë n. m. Un des outils à main essentiels du charpentier. La bisaiguë est composée d’une lame plate de 1 m à 1,30 m de longueur environ, dont une extrémité est formée d’un ciseau […] tandis que l’autre extrémité a la forme d’un fort bédane ; en son milieu est fixée une douille creuse servant à tenir et à manier l’outil. La bisaiguë sert aussi bien à dresser les surfaces ébauchées par d’autres outils (hache, herminette), qu’à faire sauter les parties de matière qui gênent lors de la mise en dedans. Sa maniabilité, son efficacité en font un outil de tous les instants dans le taillage de la charpente traditionnelle. (CPCD)

Bois équarri. Pièce de bois à quatre faces planes et d’équerre.

___________________________________ C ___________________________________

Caissons n. m. Compartiments creux d’un plafond formé par l’entrecroisement apparent des pièces de structure ou par une imitation de cet entrecroisement. (J.-M. P.)

Chambrée n. f. Dans un plancher, espace compris entre le dessous des solives et le dessus des poutres ou entre les deux systèmes de poutres lorsque le plancher est à trois systèmes. (É. B.)

Champlat n. m. Moulure étroite aux angles arrondis ou, plus généralement, baguette plate en bois. (CPCD)

Chanfrein n. m. Moulure plate, oblique par rapport aux pans voisins : c’est théoriquement le plat obtenu en abattant une arête. (J.-M. P.)

Chantier n. m. Petite pièce de bois sur laquelle reposent les bois que l’on établit sur l’épure ou que l’on taille. (CPCD)

Chantignole ou échantignole n. f. Cale triangulaire en bois fixée sur l’arbalétrier d’une ferme pour maintenir les pannes dans leur position. (CPCD)

Chapelle n. f. Entaille borgne carrée dans laquelle se loge un clou pour la fixation de deux pièces. (É. B. et CPCD)

Charpente d’assemblage. Charpente de toit, dont les pièces sont constituées d’éléments assemblés de petite dimension. La charpente à la Philibert de l’Orme est une charpente d’assemblage dont les arbalétriers courbes sont formés de plusieurs cours de planches jumelées de façon que les joints successifs soient alternativement sur un cours et sur l’autre ; ces arbalétriers sont reliés par des liernes. (J.-M. P.)

Charpente tramée. Charpente de toit dont le plan est constitué de fermes principales entre lesquelles s’intercalent des fermes secondaires. Ces dernières sont généralement dépourvues d’entrait et de poinçon. (É. B. et F. É.)

Cheville n. f. Petit morceau de bois dur, de section circulaire et traversant de part en part un assemblage. (CPCD)

Cheville d’assemblage n. f. Tige de fer dont l’une des extré- mités est appointie, tandis que l’autre est garnie d’un trou ou d’un retour d’équerre. Elle sert à maintenir provisoirement les assemblages, lors de la mise dedans. Sa forme facilite son extraction. (CPCD)

Chevron n. m. Pièce de bois supportant le lattis et les maté- riaux de couverture. Dans les charpentes à chevrons formant fermes le couple de chevrons constitue un élément de structure assimilé à une ferme car il est raidi par un réseau d’élé- ments secondaires destiné à le stabiliser. (CPCD)

Cimaise n. f. Pièce de bois moulurée qui, placée à environ 1 m de hauteur, forme le cadre d’un lambris (CPCD). Dans les charpentes méridionales, la cimaise est clouée au sommet des poutres et sert d’appui aux closoirs placés dans l’entrevous des solives. (É. B.)

Closoir n. m. (du lat. claudere, fermer, clore) 1. Type de cache-moineaux que l’on place en contre-profil des maté- riaux de couverture, pour en clore les raccords avec le bardage. (CPCD) ; 2. Planchette placée de chant (légèrement inclinée) entre deux pièces contiguës de charpente (de toit ou de plancher). Il existe des closoirs courts et des closoirs longs. Les premiers sont les plus fréquents. On les observe entre les solives des planchers ou les chevrons des charpentes de toits. Ils s’observent aussi entre les pannes des charpentes à fermes et pannes. Les longs se rencontrent seulement dans les planchers à trois systèmes, c’est-à-dire à trois niveaux de poutres et de solives superposés orthogonalement. Ils se placent entre les poutres du deuxième système. (É. B.)

Comble n. m. Partie de l’espace intérieur, comprise sous les versants du toit et séparée des parties inférieures par un plancher ou une voûte. (J.-M. P.)

Congé n. m. Profil à l’extrémité d’une moulure et, par extension, motif marquant la terminaison du tracé d’une moulure. (J.-M. P.) Les Compagnons parlent «d’arrêt» : endroit où se terminent une moulure, un chanfrein ou une feuillure qui ne se profilent que sur longueur déterminée d’une pièce de bois. (CPCD)

Console n. f. Voir aisselier.

Contrefiche n. f. Lien d’une ferme, portant sur un poin- çon et soulageant un arbalétrier, avec lequel il est généralement en équerre. Les contrefiches sont en chevrons de part et d’autre du poteau. (J.-M. P.)

Contreflèche n. f. Courbure artificielle que l’on fait prendre à une pièce de bois ou à un élément de structure. La contreflèche est donnée, à l’œil ou par calcul, lors de la fabrication d’éléments de structure ou lors de la pose de renforts ; dans le cas où elle est obtenue par un calcul, la contreflèche réelle donnée à l’élément considéré est légèrement supérieure à la flèche que prendra cet élément sous la charge qu’il doit supporter. (CPCD)

Cours de… n. m. Suite de pièces jointes bout à bout sur une même ligne, ayant le même équarrissage et la même fonction. Cours de pannes, d’entretoises, de planches. La notion de cours de pièces est généralement sous-entendue : on désigne par le nom d’une pièce l’élément de charpente formé de plusieurs de ces pièces sur le même alignement. (J.-M. P.)

Couvre-joint n. m. Mince baguette de bois qui sert à couvrir l’interstice de deux planches juxtaposées comme les voliges, les ais d’entrevous, les lambris […] ; Faux couvrejoint Mince baguette de même profil qu’un couvre-joint mais ne couvrant aucun interstice. Sa fonction est seulement esthétique. Il peut être disposé en retour d’équerre d’un couvre-joint afin de compartimenter les entrevous les solives, des chevrons […]. On peut alors parler de contre-couvrejoint. (É. B.)

Coyau n. m. Petite pièce oblique d’un versant de toit, portant sur le bas des chevrons et adoucissant la pente du versant dans sa partie basse.

Croupe n. f. Extrémité triangulaire d’un comble, comprise entre deux arêtiers : la croupe peut être droite (ou d’équerre), biaise, normande ou alsacienne. (CPCD)

___________________________________ D ___________________________________

De chant Voir poser de chant.

Déjoutement n. m. Coupe «biaise» pratiquée à l’extrémité de pièces concourantes, en vue de leur assemblage. On taille ces pièces selon la ligne passant par le point d’intersection de leurs faces et le point de concours de leurs axes. (CPCD)

Délardement n. m. 1. Enlèvement du lard (ou gras) d’une pièce de bois. 2. Fort chanfrein pratiqué sur une ou deux arêtes d’une pièce de bois, pour procurer un appui à d’autres pièces, ou lorsque la face supérieure ou inférieure de cette pièce (faîtage, arêtier, noue) se trouve dans un angle saillant. (CPCD).

Démaigrir v. Terme de charpenterie. C’est diminuer le tenon, et diminuer une pièce de bois en angle aigu. (A.-C. D.)

Démaigrissement f. m. C’est le côté d’une pièce de bois démaigri. (A.-C. D.)

Demi-ferme d’arêtier. Il s’agit d’une demi-ferme en biais par rapport aux fermes complètes du même toit et comprenant un arêtier. Les croupes comprennent des demifermes. (J.-M. P.)

Démonter v. En charpenterie, défaire avec soin un comble, ou tout autre ouvrage, soit pour le refaire, ou pour conserver les bois dans un magasin jusqu’à ce qu’on ait une occasion de les employer. On dit démonter une grue, un cintre, un échafaud […]. (A.-C. D.)

Départoir n. m. Lame en acier pourvue d’un manche et frappée à l’aide d’un maillet. Le départoir sert à fendre les billes de bois dans le sens des fibres. (É. B.)

Diaphragme n. m. Pan de mur intérieur, plus ou moins développé, dont les deux faces sont dégagées. (J.-M. P.)

 ___________________________________ E ___________________________________

Éclisse n. f. Fer plat de dimensions variables qui renforce ou constitue certains assemblages. Employées par paires, les éclisses se fixent de part et d’autre d’un joint, tandis que la liaison est assurée par des vis à tête fraisée ou à tête carrée, ou bien par des boulons. (CPCD)

Embrèvement n. m. Assemblage consistant en une entaille prismatique pratiquée dans une pièce de bois, et destinée à recevoir l’extrémité d’une autre pièce, taillée selon un profil inverse. L’embrèvement ne reprend que des efforts de compression. Il se compose d’un about, d’un pas et d’un talon, et éventuellement d’un tenon et d’une mortaise. L’about peut être d’équerre par rapport à la pièce qui reçoit l’assemblage, ou être placé dans la bissectrice de l’angle que forment entre elles les pièces assemblées. (CPCD)

Empanon n. m. Chevron particulier placé dans le raccord d’une toiture, soit entre un arêtier et une noue, soit encore entre une noue et un faîtage. (CPCD)

Enfourchement n. m. Assemblage constitué par une mortaise ouverte dans laquelle se loge un tenon : «l’enfourchement est employé parfois comme moyen de liaison, en tête des chevrons». (CPCD)

Enlaçure n. f. 1. Réunion d’une mortaise et d’un tenon par une cheville qui traverse et les maintient ensemble. (S. J.) 2. Trou rond percé au travers d’un assemblage par tenon et mortaise, pour recevoir une cheville. (CPCD)

Enrayure n. f. Ensemble des pièces assemblées en un plan horizontal dans les toits ou dans les parties d’un toit (croupe…) où les fermes ne sont pas parallèles (J.-M. P.) ; Plancher en enrayure Ensemble de pièces (poutres, solives, etc.) assemblées dans un plan horizontal d’un plancher. Les pièces maîtresses sont placées dans la même chambrée et non superposées. (É. B.)

Entrait n. m. Pièce maîtresse horizontale d’une ferme, dans laquelle sont assemblés les pieds des arbalétriers, des chevrons-arbalétriers ou des jambes de force […]. (J.-M. P.)

Entrait-intégré n. m. Pièce horizontale d’une ferme venant s’intégrer directement sous les arbalétriers pour les réunir au plus haut niveau de leur triangulation. Les entraits intégrés sont caractéristiques des charpentes à fermes diaphragmes. (É. B.)

Entretoise n. f. Pièce de bois que l’on assemble ou que l’on cloue entre deux autres, pour maintenir leur écartement, les raidir et les empêcher de gauchir. (CPCD) ; Les entretoises peuvent être utilisées pour réaliser de fausses poutres placées le long de murs ou au centre de la structure afin de réaliser avec les poutres massives des caissons (É. B).

Entrevous n. m. Intervalle entre les solives d’un plancher ou les poteaux d’une cloison, qu’on remplit de maçonnerie ou qu’on couvre seulement d’un enduit sur lattes. (S. J.) ; Espace compris entre deux pièces de bois consécutives. (CPCD)

Enture n. f. Jonction de deux pièces de bois placées dans le prolongement l’une de l’autre, au moyen d’assemblages de profils divers. (CPCD)

Épure n. f. Dessin en grand, et dans les dimensions mêmes qu’elle doit avoir, d’une pièce de trait, d’une élévation, d’une coupe, qu’on trace sur une muraille, sur un plancher ou sur toute autre surface plane, pour mettre un appareilleur à même de prendre ses mesures avec exactitude. (S. J.) ; Dessin dans lequel les principes du trait sont employés sous la forme la plus simple, et qui permet d’effectuer l’établissage et le traçage des pièces de bois, et de trouver leurs coupes : «les épures de charpente sont battues, généralement à la grandeur de l’ouvrage à réaliser, sur une aire d’épure, à l’aide d’un cordeau préalablement graissé de blanc d’Espagne, de Meudon […]». (CPCD)

Équarrir v.  Donner une forme carrée ou rectangulaire aux grumes en sciant les dosses ou en les ôtant progressivement à l’aide d’une hache. (É. B.) ; Équarrissement n. m. Réduction d’une pièce de bois en grume à la forme carrée, en ôtant les quatre dosses flaches ; ce qui peut faire un déchet à peu près de la moitié de la grosseur. (A.-C. D.) ; Équarrissage n. m. Grosseur du bois équarri. Pièce de faible ou de fort équarrissage. (J.-M. P.) Le terme «équarrissage» est aussi employé aujourd’hui pour désigner l’action de tailler une bille de bois […]. (É. B.)

Ergot n. m. Prisme triangulaire ménagé en gorge des assemblages à mi-bois que l’on rencontre dans certaines charpentes à chevrons formant fermes. (CPCD)

Établissage n. m. Opération qui consiste à choisir les bois, les orienter en fonction de leur forme, les ligner et les mettre sur une ligne pour piquer les assemblages en vue de les tracer. (CPCD)

Étrier n. m. Ferrure coudée à l’équerre ou contre-coudée servant à renforcer des assemblages. (CPCD)

__________________________________ F.G.__________________________________

Face d’établissage n. f. Face d’une pièce de bois servant de référence pour l’orientation de cette dernière. (CPCD)

Faîtage n. m. Pièce maîtresse de charpente posée sous l’arête supérieure d’un toit. (J.-M. P.) Le faîtage relie les fermes entre elles, participe au contreventement de la charpente et supporte la tête des chevrons. (CPCD) ; Faux faîtage Faîtage fait de planches étrésillonnant les fermes et évitant leur déversement. Le faux faîtage ne sert pas d’appui au chevronnage. (É. B.)

Flache n. m. Dépression à la surface d’un plateau, ou arrondi d’une arête, provenant d’un tronc d’arbre dont les déformations n’ont pas pu être enlevées totalement, lors du débit. Dans le Larousse, ce mot est du genre féminin, mais les professionnels l’emploient au masculin et disent, par exemple : «le flache des arbalétriers s’oriente toujours en tête». (CPCD)

Flambement ou flambage n. m. Déformation latérale subie par les pièces élancées, lorsqu’elles sont chargées en bout et qu’elles travaillent à la compression. (CPCD)

Ferme n. f. Ensemble de pièces assemblées dans un plan vertical et transversal à la longueur du toit. La ferme la plus simple est un triangle supportant les versants formés de deux arbalétriers, d’un poinçon et d’un entrait. Certains toits n’ont pas de fermes, les pannes portant directement sur les murs pignons et des murs de refend. (J.-M. P.)

Feuillet n. m. Planche mince utilisée pour divers travaux […] «les feuillets ont 8, 10, 12, 18, ou 22 mm d’épaisseur». (CPCD) On emploie le terme «feuillet» pour désigner les couvre-joints de quelques millimètres d’épaisseur (de 2 à 5 mm) posés à plat sur les solives pour obstruer le raccord entre les ais d’entrevous. On en trouve des exemples dans l’Aude à partir du xiiie siècle. (É. B.)

Feuillure n. f. Profil en forme d’angle rentrant, pratiqué longitudinalement sur l’arête d’une pièce de bois. (CPCD)

Galère n. f. Outil de la famille des rabots, de même section qu’une varlope et plus court que le riflard, dont il conserve la poignée arrière, et comportant une poignée verticale ou deux poignées latérales à l’avant : «la galère sert, en principe, à dégrossir les bois ; elle est également appelée rabot à quatre mains, puisque deux ouvriers peuvent travailler simultané- ment avec le même outil». (CPCD)

Gauchir (se) v. (de l’anc. fr. guenchir, vaciller) Se contourner, perdre sa forme primitive. Gauchissement n. m. 1. Action de gauchir 2. État d’une pièce gauchie. (CPCD)

Grume n. f. Tronc d’arbre abattu, ébranché, recouvert de son écorce, et non encore sectionné en billes. (CPCD)

Guillaume n. m. Outil à fût étroit, sans contre-fer et à lumière latérale, ayant environ 30 cm de longueur et 8 à 10 cm de hauteur, et dont l’épaisseur variable n’excède pas 3 cm : «le guillaume sert à pousser des feuillures à angle droit». (CPCD)

___________________________________H.I.J._________________________________

Hart n. f. Lien généralement d’osier ou de bois flexible. (Littré)

Herminette n. f. Outil de charpentier dont le tranchant est perpendiculaire au manche. La lame est légèrement incurvée en longueur et en largeur, pour bien former le copeau ; sa partie convexe est orientée vers l’extérieur, et le tranchant est à l’intérieur : «l’herminette sert à ébaucher les gros travaux et à donner un aspect rustique aux charpentes apparentes» […]. (CPCD)

Hiement f. m. Terme de charpenterie. C’est le mouvement d’un assemblage de pièce de bois, causé par l’effort des vents ou par le branle des grosses cloches, comme il arrive aux flèches et aux beffrois […]. (A.-C. D.)

Hourdis n. m. Remplissage de brique, de plâtre, de torchis […] disposé entre les pièces d’un pan de bois ou d’un plancher. (É. B.)

Jambette n. f. Petite pièce de bois debout, qui sert à soulager les arbalétriers, les forces et les chevrons d’un comble. (A.-C. D.)

Jambes de force n. f. Pièce de charpente entrant dans la composition de certains éléments de structure tels que les fermes, les arêtiers et les noues et plus particulièrement destinée à soulager l’arbalétrier de la charge que lui transmet la panne, pour la reporter sur un appui stable (mur, poteau, semelle…). (CPCD)

Jet n. m. Terme de marchand de bois : «Jet, bois de chauffage que l’on jette à flot ou à bois perdu pour le transporter.» [Massé, 1766] (Littré) ; par extension, rampe naturelle ou aménagée pour faire descendre les grumes depuis les lieux de coupe au pied des versants. (É. B.)

Joue n. f. Chacune des faces des solives qui délimitent leur entrevous. (CPCD). «Joug» de solive Nom qu’on donne aux côtés des solives, considérés par l’entrevous. (A.-C. D.)

 ___________________________________ L ___________________________________

Levage n. m. Terme de charpenterie. C’est l’élévation ou le transport du bois de l’atelier sur le tas. (A.-C. D.) ; élévation et mise en place des gros ouvrages de charpenterie dans les constructions. Les ouvriers disent «aller au levage». (S. J.)

Lien n. m. Petite pièce droite ou courbe placée obliquement dans l’angle de deux autres pièces pour affermir cet angle par triangulation. Les liens sont quelquefois jumelés, c’est-à-dire assemblés parallèlement par deux, trois […] dans le même angle. Ils sont en chevron lorsqu’ils sont couplés deux par deux en convergence ; en croix de Saint-André quand ils sont assemblés entre eux, deux par deux en croix. Le lien peut être plein, c’est-à-dire remplir l’angle qu’il affermit : c’est alors une pièce triangulaire. (J.-M. P.) et (A.-C. D.)

Lignage n. m. Opération qui consiste à tracer une ou des lignes d’assemblage sur les faces d’une pièce de bois afin de positionner correctement les assemblages selon un axe commun. (F. É.). Le tracé se fait au cordeau. Les lignes servent de repère pour tailler ou scier les pièces de charpente.

Linçoir n. m. Pièce de bois placée à 5 ou 10 cm d’un mur, parallèlement à celui-ci, en un endroit où les solives ne peuvent venir en scellement dans le mur, et destinée à les supporter : «le linçoir se distingue du chevêtre par le fait qu’il est placé plus près du mur que ce dernier». (CPCD)

Longrine n. f. Pièce horizontale reposant sur plusieurs points d’appui et répartissant une charge sur ceux-ci. Cette pièce se définit donc par sa fonction et non par sa destination particulière à une place précise d’un ouvrage de charpente. Les longerons et les sous-longerons d’un point sont des longrines. La sablière d’un comble ouvert, qui est posée sur des poteaux, est une longrine. (J.-M. P.)

Listel n. m. Petite moulure carrée et unie, qui couronne ou accompagne une autre moulure plus grande, ou qui sépare les cannelures d’une colonne, d’un pilastre, ou bien encore qui est rapportée sur un champ uni. (S. J.). Le listel couronne parfois les tores poussés dans l’angle des poutres, des solives, des entraits […] (É. B.)

 ___________________________________M.N._________________________________

Mi-bois n. m. 1. Enture destinée à assembler deux pièces de bois perpendiculaires entre elles ou placées dans le prolongement l’une de l’autre. 2. Entaille à mi-bois, assemblage de deux pièces entaillées par moitié et placées dans un même plan, comme dans une croix de Saint-André. (CPCD)

Mise dedans n. f. Présentation et assemblage des bois sur l’épure, pour contrôler l’exactitude du taillage, permettre de tâter les tenons et d’effectuer certains percements. Syn. montage à blanc. (CPCD)

Mettre sur ligne v. Placer les bois sur une épure avant de procéder au piquage des assemblages, ou lors de la mise dedans (pour contrôler l’exactitude du taillage). Opération qui consiste à mettre les bois sur ligne. (CPCD)

Montage n. m. En charpenterie et en menuiserie, monter c’est assembler des ouvrages préparés, et les poser en place. (A.-C. D.) ; Monter C’est en maçonnerie, élever avec des machines, des matériaux préparés du chantier sur le tas. En charpenterie et en menuiserie, Monter c’est assembler des ouvrages préparés, et les poser en place. Remonter, c’est rassembler les pièces de quelque machine, ou de quelque vieux comble ou pan de bois, dont on fait resservir les pièces. (A.-C. D.)

Mortaise n. f . C’est une entaille en longueur dans une pièce de bois de charpenterie, ou de menuiserie, pour recevoir un tenon. Pour qu’une mortaise soit bien faite, elle doit être aussi juste en gorge qu’en about. (A.-C. D.)

Moucher v. t. Donner un léger coup de rabot ou de bisaiguë sur une arête vive, pour la rendre plus résistante et donner un aspect plus fini à un ouvrage: «moucher les arêtes d’une pièce de bois rabotée». Moucher les arêtes d’un tenon, les casser à la bisaiguë, pour faciliter la mise dedans. (CPCD)

Noue n. f. Pièce oblique formant l’arête rentrante à la rencontre de deux combles. Ne pas confondre la noue de charpente avec la noue de couverture. (J.-M. P.)

 ___________________________________ O ___________________________________

Onglet n. m. En menuiserie, extrémité d’une planche, d’une moulure qui, au lieu de se terminer à angle droit, forme un angle de 45°. Couper, tailler d’onglet. Assemblage à onglet ou en onglet Celui des pièces qui sont coupées diagonalement ou en triangle […] (A.-C. D.)

Ope n. m. Terme servant à désigner les trous qui reçoivent les poutres, les chevrons, les solives, dans les murs d’une construction, et même les trous disposés pour l’assiette des boulins de l’échafaudage. (S. J.)

 ___________________________________ P ___________________________________

Pan de bois n. m. Ensemble des pièces de charpente assemblées dans un même pan. La ferme, par exemple, est un pan de bois ou un pan de fer. Plus particulièrement, mur en charpente avec un remplissage en brique, en torchis, en plâtre […] appelé hourdis. (J.-M. P.)

Panne n. f. Pièce horizontale d’un versant de toit posé sur les arbalétriers et portant les chevrons. La panne est portée directement par l’arbalétrier auquel elle est fixée ou indirectement par un petit corbeau en bois appelé chantignole. (J.-M. P.)

Pas n. m. Entaille angulaire pratiquée en sous-face d’une pièce de bois pour recevoir le pied d’une autre. Pas n. m. pl. Petites entailles, par embrèvement, faites sur les plates-formes d’un comble, pour recevoir les pieds des chevrons. (A.-C. D.)

Pente de comble. Inclinaison des côtés d’un comble, qui le rend plus ou moins raide sur la hauteur, par rapport à sa base. (A.-C. D.)

Petit-entrait n. m. Pièce horizontale d’une ferme réunissant les arbalétriers à un niveau supérieur à celui de leurs pieds. Entrait retroussé Entrait dont l’emplacement a été placé plus haut que le pied des arbalétriers pour dégager l’espace du comble ; de même que l’entrait qu’il remplace, il a pour fonction d’empêcher l’écartement des arbalétriers ; son assemblage avec ceux-ci est donc conçu pour travailler à la traction. Ne pas confondre l’entrait retroussé avec le faux entrait, qui est un petit entrait travaillant à la compression. Le faux entrait double généralement un entrait ou un entrait retroussé : cependant certaines fermes, dont l’écartement n’est maintenu que par la résistance des murs gouttereaux, n’ont que des faux entraits. (J.-M. P.)

Peupler v. C’est, en charpenterie, garnir un vide de pièces de bois, espacées à égale distance. Ainsi on dit : peupler de poteaux une cloison ; peupler de solives un plancher ; peupler de chevrons un comble […]. (A.-C. D.)

Pied n. m. Partie basse reposant sur un appui : « pied de ferme, pied de poteau». (CPCD)

Pige n. f. Tringle en bois de longueur variable, servant à reporter rapidement des longueurs à l’aide des points de repère qui y sont tracés. (CPCD)

Piquage n. m. Opération qui consiste à matérialiser sur les bois l’emplacement des assemblages par un instrument métallique ou un crayon. (F. É.)

Piquer v. C’est marquer une pièce de bois avec le traceret, pour la tailler et la façonner. (A.-C. D.)

Plafond n. m. Surface plane et généralement horizontale qui, dans la construction, forme la partie supérieure d’un lieu couvert. Plafond à la française Plafond composé de solives apparentes, généralement en chêne de section carrée ou rectangulaire, et régulièrement espacées d’une distance égale à leur épaisseur. Ces solives peuvent être peintes et/ou moulurées. (CPCD)

Plafonner v. C’est revêtir le dessous d’un plancher, ou d’un cintre de charpente, avec des ais ou du marrain. (A.-C. D.)

Plancher n. m. On pose des solives appuyées sur les murs, et sur elles on cloue des planches minces des deux côtés, afin d’empêcher qu’en se tourmentant elles ne s’élèvent par les bords : on couvre ces planches de fougère, ou de paille, pour les garantir de la chaux qui les gâterait ; après quoi on met une couche de grosse maçonnerie, composée d’une partie de chaux […]. (A.-C. D.) Un plancher peut être à un système lorsqu’il ne comporte qu’un niveau de solive, à deux systèmes lorsqu’il comprend un rang de poutres pour soulager le solivage et enfin un plancher peut être à trois systèmes lorsque les deux niveaux de poutres se superposent pour soutenir le solivage. (É. B.)

Plane n. f. Outil composé d’une lame tranchante munie de deux poignées qui sert à aplanir le bois. (M.-T. B. ; D. B.)

Poinçon n. m. ou Aiguille n. f. Pièce de bois debout, où sont assemblées les petites forces et le faîte d’une ferme. C’est aussi, en dedans des vieilles églises qui ne sont pas voûtées, une pièce de bois à l’aplomb de la hauteur de la montée du cintre, qui, étant retenue avec des étriers et des boulons, sert à lier l’entrait et le tirant […]. (A.-C. D.)

Portée n. f. Distance comprise entre les axes de deux points d’appui d’une pièce ou d’un élément de structure. (CPCD)

Poser v. C’est, en général mettre une chose en sa place, la fixer, l’établir, la disposer, l’agencer comme il convient […], poser un comble, un poitrail, une poutre, un plancher, un escalier, un pan de bois, des sablières. (S. J.)

Poser de chant. Placer sur sa face la plus étroite une brique, un madrier […] et, dans un sens contraire, poser de plat. (S. J.)

Potelet n. m. Pièce de bois verticale secondaire. (J.-M. P.)

Pousser v. Effectuer une moulure, un profil quelconque (feuillure, rainure, moulure) à l’aide d’un rabot.

Poutre n. f. Pièce de charpente d’un fort équarrissage, qui, dans un bâtiment, sert à porter les travées d’un plancher, et dont il est fait usage dans un grand nombre de constructions. (S. J.)

Poutre armée n. f. Poutre composée de plusieurs pièces de bois, réunies par des assemblages en forme de dents (adents). L’ensemble est réuni et maintenu par des liens métalliques. Cette technique a de nombreux avantages : l’assemblage augmente la résistance des poutres et des ouvrages mettant en œuvre ces poutres ; il permet ainsi de franchir de grandes portées. L’autre avantage est d’ordre économique puisque la poutre armée se compose de plusieurs pièces de bois de dimensions plus courantes, plus faciles à se procurer. (É. B.) Pour augmenter la solidité des poutres qui, outre leur propre poids, ont à supporter celui d’un plancher, ou d’une charge quelconque, on les dispose de plusieurs pièces formant un solide tel qu’il présente le plus de résistance possible dans le sens des lignes suivant lesquelles les tensions et les pressions s’exercent. (P. V.)

Poutre menuisée ou fausse poutre. Poutre creuse formée par deux planches (entretoises) posées de chant et fermées en sous-face par un corps de moulure. (É. B.)

Poutre quarderonnée. Poutre sur les arêtes de laquelle on a poussé un quart-de-rond, une doucine, ou quelque autre moulure entre deux filets : ce qui se fait plutôt pour ôter la flache que pour ornement. (A.-C. D.)

Pureau n. m. On appelle ainsi, en construction, la portion des ardoises ou des tuiles qui reste visible après qu’elles ont été superposées par le couvreur sur la volige ou le lattis. (S. J.) C’est ce qui paraît à découvert d’une ardoise ou d’une tuile mise en œuvre […]. (A.-C. D.)

___________________________________ Q ___________________________________

Quarderonner v. C’est rabattre les arêtes d’une poutre, d’une solive, d’une porte […] en y poussant un quart-de-rond entre deux filets. (A.-C. D.)

Queue d’aronde, d’hyronde, d’hyrondelle. C’est une manière de tailler le bois, ou de limer le fer, en l’élargissant par le bout, pour l’emboîter, le joindre, ou l’appliquer en œuvre, et en faire des assemblages. (A.-C. D.) Certains assemblages de charpente, notamment ceux à dévêtissement laté- ral, se caractérisent par des formes en demi-queue d’aronde ou de queue d’aronde asymétrique. (M. G.)

___________________________________ R ___________________________________

Rabot n. m. Outil à fût utilisé pour corroyer une pièce de bois. Le rabot se compose d’un fût percé d’un trou appelé lumière dans lequel passent le fer et le contre-fer serré par un coin placé à 1 mm du tranchant. Les rabots en bois durs sont munis d’une poignée, et servent à planer le bois. Le rabot ne diffère de la varlope et du riflard que par ses dimensions : il ne dépasse pas 25 cm de long […]. (M.-T. B. et D. B.)

Raide n. m. 1. Côté bombé d’une pièce de bois. 2. Mettre une panne sur son raide, placer le raide de cette panne sur le dessus. (CPCD)

Rainette n. f. Outil de traçage dont l’extrémité recourbée permet d’enlever un léger copeau de bois. (F. É.)

Redent n. m. Pièce de bois présentant une interruption dans son équarrissage.

Refendre v. En charpenterie, débiter de grosses pièces de bois avec la scie, pour en faire des solives, chevrons, membrures, planches […], ce qui s’appelle scier encore ou scier de long […]. (A.-C. D.)

Rembarrer v. 1. Tracer une ligne sur la face d’une pièce de bois opposée à celle sur laquelle elle est déjà tracée, joindre par un trait deux lignes situées sur deux faces opposées. 2. Rembarrer à l’équerre, repérer sur des pièces à l’aide d’une équerre et depuis le tracé effectué sur un gabarit, la position de coupes ou d’assemblages. (CPCD)

Rembarrement n. m. Un des procédés du trait de charpente, qui utilise l’intersection des faces des pièces de bois pour déterminer la position des assemblages et la longueur des éléments. (CPCD)

Refuite n. f. Excès de profondeur d’un trou, permettant de placer entre deux éléments fixes, situés à une distance déterminée, une pièce plus longue : «pour qu’une poutre placée entre deux murs puisse être mise en place et portée sur ses extrémités, on donne de la refuite à l’un des trous de scellement». Syn. dévêtissement. (CPCD)

Riflard n. m. Outil à fût muni d’une poignée qui sert à dégrossir le bois et dont les dimensions sont intermédiaires entre celles du rabot et celles de la varlope (de 55 à 60 cm de longueur). Le tranchant du fer du riflard est généralement semi-circulaire. (M.-T. B. et D. B.)

Rossignol n. m. Coin de bois, qu’on met dans les mortaises qui sont trop longues, lorsqu’on veut serrer quelque pièce de bois, comme jambe de force, ou autres. (A.-C. D.)

Rouanne n. f. Instrument composé d’un manche en bois et de deux pointes métalliques (dont l’une a la forme d’une rainette), et servant à tracer des cercles de marquage sur les bois. (CPCD) Instrument à l’usage des marchands de bois et des charpentiers pour marquer les pièces de bois […]. (S. J.)

___________________________________ S ___________________________________

Sablière n. f. Pièce maîtresse horizontale posée sur l’épaisseur d’un mur dans le même plan que celui-ci. Les sablières de toit, perpendiculaires aux fermes, portent celles-ci de chaque côté […]. Sablière de plancher Elle porte les solives dont les bouts sont assemblés dans la sablière ou posés sur celle-ci. Ne pas confondre les sablières de plancher avec les poutres, qui ne sont pas comprises dans l’épaisseur d’un mur. Parmi les sablières qui composent un pan de bois, on distingue, outre les sablières de plancher et les sablières de toit, la sablière basse. Les sablières de chambrée qui sont posées sur les bouts des solives ou au bout des solives s’assemblant entre deux solives plus longues que les autres ; les sablières de chambrée n’apparaissent que dans certains pans de bois où elles doublent les sablières de plancher et ont pour fonction de servir de base aux pièces de l’étage. (J.-M. P.) Carré de sablières Ensemble des sablières qui forment le pourtour d’une construction. (CPCD)

Scie n. f. Outil à main ou mécanique servant à débiter le bois. (CPCD) Scie à chantourner Scie à lame étroite et mince permettant de débiter une pièce de bois suivant un profil courbe. (É. B.) Scie à guichet Une scie à guichet a la particularité de posséder une lame allongée et étroite avec des dents fines. Elle s’utilise pour scier les matériaux délicats. Elle permet de découper des trous dans le bois lorsque la pièce n’est pas très épaisse. (É. B.)

Solin, n. m. Couvre-joint à la jonction d’un versant et du mur contre lequel ce versant s’appuie. Solin d’appareil Il est formé par une partie saillante du mur, en recouvrement sur le versant. Ne pas confondre le solin d’appareil avec un larmier. Le solin peut-être fait de mortier ou formé de tuiles, d’ardoises, engagées dans une saignée du mur. (J.-M. P.)

Solive n. f. Les solives sont les pièces horizontales d’un plancher, posées à distances régulières les unes des autres, sur lesquelles on établit l’aire du parquet, du carrelage […]. (J.-M. P.)

Sous-face n. f. Face inférieure d’une pièce de bois. (É. B.)

Semelle n. f. Pièce en bois posée à plat destinée à procurer un point d’appui à une autre pièce de bois. (É. B.)

 ___________________________________ T ___________________________________

Tailler sur le tas Tailler les pierres à l’endroit même où elles doivent être employées. En charpenterie, lorsqu’on opère au bâtiment et qu’on y fait des raccordements sur place : on dit faire une mortaise, un tenon, une coupe, une entaille sur le tas. (S. J.)

Tant plein que vide (espacement) Laisser des intervalles égaux aux solives. (A.-C. D.) ; voir Plafond à la française.

Tenon n. m. Extrémité (about) d’une pièce de bois taillée de manière à pénétrer dans une mortaise : «le tenon peut être simple ou double». Il existe diverses formes de tenons. 1. Le tenon d’équerre se compose de deux joues, de deux arasements, d’un bout et d’une racine. 2. Le tenon bâtard ne possède qu’un arasement. 3. Le tenon débouchant traverse la pièce mortaisée mais s’arrête à la face opposée. 4. Le tenon désabouté s’emploie dans un assemblage oblique et comporte une coupe d’équerre par rapport à l’arasement. 5. Le tenon passant traverse de part en part la pièce mortaisée et se prolonge au-delà de la face opposée ; il peut éventuellement être muni d’une clé. 6. Le tenon picard peut être un tenon biais ordinaire, dû à un défaut de taillage, et dont seule la partie basse de l’about entre en contact avec la mortaise, laissant apparaître un jour à l’extrémité de l’assemblage ; par extension, celui-ci est également appelé picard, et doit être retouché. Le tenon picard peut aussi être un tenon dont l’about forme un angle obtus par rapport aux arasements. (CPCD)

Tirant n. m. . Longue pièce qui, arrêtée par ses extrémités par des ancres, sert sous une ferme de comble pour en empê- cher l’écartement ; comme aussi celui des murs qui la portent. Il y a de ces tirants, dans les vieilles églises, qui sont chanfreinés, et à huit pans, et qui sont assemblés, avec le maître entrait du comble, par une aiguille ou un poinçon. (A.-C. D.) Pièce de bois ou de métal neutralisant deux poussées divergentes en réunissant les parties auxquelles elles s’appliquent. Le tirant est donc soumis à une traction, ce qui le différencie de l’étrésillon qui est soumis à une compression. Le tirant peut être noyé dans la maçonnerie. Ses extrémités sont souvent munies d’ancres. (J.-M. P.)

Toits à deux versants. Toit à deux longs pans, terminé à ses extrémités par des pignons ou des croupes. Plus spé- cialement, cette expression désigne un toit terminé par des pignons par opposition au toit à croupes. (J.-M. P.)

Toit en bâtière. Toit à deux versants et à pignons découverts, couvrant un corps de plan massé, notamment une tour. (J.-M. P.)

Torchis n. m. Espèce de mortier fait de terre grasse détrempée, et mêlée avec de la paille coupée, pour […] les entrevous des planchers […]. (A.-C. D.)

Traceret n. m. Outil en fer dont une extrémité se termine en pointe, et dont les charpentiers se servaient pour tracer les assemblages. (CPCD

Trait de scie. C’est le passage que fait la scie en coupant une pièce de bois, soit pour la raccourcir, ou pour la refendre. Les scieurs de long appellent rencontre l’endroit où, à deux ou trois pouces près, les traits de scie se rencontrent, et où la pièce se sépare. On doit ôter ces rencontres et traits de scie, avec la besaiguë, au bois apparent et aux planches et aux autres ouvrages propres de charpenterie. (A.-C. D.)

Trame n. f. En construction, base dimensionnelle servant à l’implantation d’éléments de structure : «la trame peut être rectangulaire, triangulaire […], mais elle ne conduit pas systématiquement à la mise en place d’un élément». (CPCD)

Travée n. f. Rang de solives posées entre deux poutres, dans un plancher. Ce mot est dérivé du latin trabs, une poutre, ou de transversus, qui est en travers, comme sont les solives entre deux poutres. (A.-C. D.)

Travée de comble. C’est, sur deux ou plusieurs pannes, la distance d’une ferme à l’autre […]. (A.-C. D.)

Trémie n. f. Espace réservé dans un plancher pour placer une cheminée ou, par extension, pour donner passage à un conduit de cheminée, à un escalier […]. (J.-M. P.)

____________________________________V___________________________________

Varlope n. f. Outil à fût muni d’une poignée utilisé pour corroyer et dresser une pièce de bois. La varlope a des dimensions plus importantes que le rabot. Elle peut atteindre 75 cm de long. (M.-T. B. et D. B.)

Versant n. m. Pan incliné d’un toit. La pente est l’angle aigu formé par le plan du versant avec le plan horizontal. (J.-M. P.)

Volige n. f. Planche mince employée particulièrement dans les couvertures et dans les cloisons. (J.-M. P.)

Voligeage n. m. Ensemble de voliges posées. (CPCD)

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(1) Baudry M.-T., Bozo (D.), Principes d’analyse scientifique, la sculpture, Paris, Imprimerie nationale, Inventaire Général, 1978, (rééd. 1990), 765p. ; Compagnons passants charpentiers du devoir 1980. « Le glossaire du charpentier », La charpente et la construction en bois, vol. 2. (1), Paris, Librairie du compagnonnage, 1980, pp. 17-86, (coll. Encyclopédie des métiers). ; D’Aviler (A.-C.), Dictionnaire d’architecture civile et hydraulique et des arts qui en dépendent, Paris, C.-A. Jombert, 1755. ; Épaud (F.), De la charpente romane à la charpente gothique : évolution des techniques et des structures de charpenterie aux XIIe-XIIIe siècles, Publications du CRAHM, Caen, 2007, 613p. ; Jossier (J.), Dictionnaire des ouvriers du bâtiment, Paris, Librairie générale de l’architecture et des travaux publics, 1881, 450p. ; Garner (M.), Les assemblages des ossatures et charpentes en bois, Paris, Eyrolles, 2009, pp. 103-114 (1992, Deutcshe Verlags-Anstalt GmbH, Stuttgart)  ; Pérouse de Montclos (J.-M.), Principes d’analyse scientifique, architecture et vocabulaire, Paris, Imprimerie nationale, Inventaire Général, 1972, (rééd. 1989), 622p. ; Valentin (Ph.), Manuel du charpentier, Paris, Roret, 1827, 383p.

(2) À la suite de l’exposé de S. Roux lors du colloque de Besançon sur La Construction au Moyen Âge (1973), J.-J. Dubois fait la remarque suivante : «Notre société pourrait se donner pour tâche l’édification d’un vocabulaire comparatif de la charpente ; car, en fait, […] le vocabulaire parisien, qui est devenu le vocabulaire fran- çais, [est] le même que l’on trouve dans les traités de charpente des Jousse, Le Muet et autres.» GONON 1973, p. 195.

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