{"id":967,"date":"2012-07-24T17:14:00","date_gmt":"2012-07-24T15:14:00","guid":{"rendered":"http:\/\/rcppm.org\/blog\/"},"modified":"2021-01-25T12:42:38","modified_gmt":"2021-01-25T10:42:38","slug":"longtemps-ignore","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/rcppm.org\/blog\/histoire-et-decouverte\/longtemps-ignore\/","title":{"rendered":"Un patrimoine longtemps ignor\u00e9"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Au cours des vingt derni\u00e8res ann\u00e9es, un nouveau lieu d\u2019image est apparu, avec ses pratiques propres, son imaginaire singulier. Ce lieu se trouve \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des \u00e9difices de la fin du Moyen \u00c2ge, sur ce qui est improprement appel\u00e9 des plafonds (il s\u2019agit plut\u00f4t de la partie inf\u00e9rieure des planchers de l\u2019\u00e9tage sup\u00e9rieur). Pendant longtemps, ces images, dont certaines \u00e9taient pourtant bien visibles, n\u2019ont suscit\u00e9 qu\u2019un int\u00e9r\u00eat tr\u00e8s faible de la part des historiens et des historiens de l\u2019art.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comment aurait-il pu en \u00eatre autrement, si l\u2019on consid\u00e8re les handicaps que ce <em>medium <\/em>poss\u00e9dait ? Tout en lui semblait fait pour l\u2019\u00e9carter d\u2019une quelconque curiosit\u00e9 acad\u00e9mique. Sa fragilit\u00e9 tout d\u2019abord. R\u00e9alis\u00e9es sur des petits panneaux de bois (les closoirs<a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>) ces images ont \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement sensibles aux al\u00e9as du temps et des changements de go\u00fbt : elles n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 seulement d\u00e9t\u00e9rior\u00e9es par la suie ou les intemp\u00e9ries, dans la plupart des cas elles ont \u00e9t\u00e9 recouvertes au XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle de badigeons blancs, ou simplement occult\u00e9es par des faux-plafonds (figure 1).<\/p>\n<table style=\"text-align: justify; height: 18px;\" border=\"0\" width=\"647\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td valign=\"top\" width=\"316\"><a href=\"https:\/\/rcppm.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/image001.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-558\" title=\"image001\" src=\"https:\/\/rcppm.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/image001-300x234.jpg\" alt=\"\" width=\"287\" height=\"224\" srcset=\"https:\/\/rcppm.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/image001-300x234.jpg 300w, https:\/\/rcppm.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/image001.jpg 310w\" sizes=\"auto, (max-width: 287px) 100vw, 287px\" \/><\/a><\/td>\n<td valign=\"top\" width=\"325\"><a href=\"https:\/\/rcppm.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/image002.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-559\" title=\"image002\" src=\"https:\/\/rcppm.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/image002-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/rcppm.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/image002-300x225.jpg 300w, https:\/\/rcppm.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/image002.jpg 320w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p style=\"text-align: justify;\">Figure 1 : <em>Plafond peint avec traces d&rsquo;arrachements du faux-plafond<\/em>. Ancien presbyt\u00e8re de Lagrasse. [Plafond mi-XV<sup>e<\/sup> ; photo P.-O.D, 2008)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019autre probl\u00e8me majeur de ces images est leur localisation. Situ\u00e9es en dehors de l\u2019espace public, dans des lieux souvent priv\u00e9s, ces repr\u00e9sentations ont pu rester pendant cinq si\u00e8cles inconnues du plus grand nombre ; plus encore, cette absence de visibilit\u00e9 et d\u2019acc\u00e8s public emp\u00eachait d\u2019en faire des lieux de m\u00e9moire d\u2019une identit\u00e9 collective. L\u2019approche chauvine du patrimoine, si importante au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, se trouvait pour ainsi dire entrav\u00e9e. T\u00e9moignage de la m\u00e9connaissance ou du peu d\u2019int\u00e9r\u00eat port\u00e9 \u00e0 ces images, le <em>Dictionnaire raisonn\u00e9 de l&rsquo;architecture fran\u00e7aise du XI<sup>e<\/sup> au XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle <\/em>r\u00e9alis\u00e9 par Eug\u00e8ne Viollet Le Duc (1868) porte un regard attentif sur ces structures, mais ne dit pratiquement rien des images qu\u2019elles supportent. Sur les pr\u00e8s de dix pages que comportent sa notice, l\u2019auteur nous indique seulement que : \u00ab Ces entrevous \u00e9taient peints et m\u00eame quelquefois d\u00e9cor\u00e9s de reliefs en pl\u00e2tre. On voit quelques plafonds de ces genres dans de vieilles maisons d\u2019Orl\u00e9ans \u00bb<a href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par ailleurs, c\u2019est la nature m\u00eame de l\u2019iconographie pr\u00e9sente dans ce support qui posait probl\u00e8me aux historiens de l\u2019art et emp\u00eachait de la consid\u00e9rer comme un objet d\u2019\u00e9tude \u00e0 part enti\u00e8re<a href=\"#_ftn3\">[3]<\/a>. Par leur mani\u00e8re tout d\u2019abord : r\u00e9alis\u00e9es g\u00e9n\u00e9ralement avec un palette r\u00e9duite, un model\u00e9 sommaire, ces images ne pouvaient s\u2019inscrire dans une histoire des styles, avan\u00e7ant lin\u00e9airement vers une repr\u00e9sentation toujours plus mim\u00e9tique du monde. Leur vigueur graphique, dict\u00e9e notamment par le peu de luminosit\u00e9 que ces images re\u00e7oivent, contribua \u00e0 les tenir \u00e9cart\u00e9es de l\u2019Histoire de l\u2019Art. Ce faisant, les plafonds peints auraient pu \u00eatre int\u00e9gr\u00e9s dans l\u2019int\u00e9r\u00eat pour la culture populaire, qui se d\u00e9veloppe dans la seconde moiti\u00e9 du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Ce ne fut malheureusement pas le cas non plus, Champfleury, le critique d\u2019art qui initie ce mouvement d\u00e8s les ann\u00e9es 1850, ne disant pas un mot de nos closoirs<a href=\"#_ftn4\">[4]<\/a>. L\u2019imagerie populaire qui int\u00e9resse alors les historiens se concentre avant tout sur des images en lien soit avec la litt\u00e9rature vernaculaire, soit avec la d\u00e9votion populaire. Les plafonds peints, qui n\u2019entraient pas directement dans ces genres, se situaient en travers des cat\u00e9gories d\u2019intelligibilit\u00e9 des historiens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En dernier recours, en l\u2019absence d\u2019artistes connus dont il possible de tirer des biographies h\u00e9ro\u00efsantes, et compte tenu du caract\u00e8re tout \u00e0 fait troublant des motifs et de leur r\u00e9partition au sein de l\u2019espace, c\u2019est avant tout l\u2019id\u00e9e d\u2019un art ornemental, r\u00e9p\u00e9titif et al\u00e9atoire qui pr\u00e9domin\u00e2t dans l\u2019appr\u00e9hension de ces objets.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cons\u00e9quence de ces caract\u00e9ristiques et signe du manque de visibilit\u00e9 des plafonds dans le champ acad\u00e9mique actuel, l\u2019exposition <em>France 1500<\/em>, qui s\u2019est tenu en automne 2010 au Grand Palais \u00e0 Paris, dresse un panorama impressionnant de l\u2019horizon visuel de cette p\u00e9riode, mais n\u2019\u00e9voque \u00e0 aucun moment le support qui nous int\u00e9resse ici.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00ab\u00a0Invention\u00a0\u00bb d&rsquo;une nouvelle source historique<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le tableau [&#8230;] dress\u00e9 est sans doute exag\u00e9r\u00e9ment sombre. Depuis une trentaine d\u2019ann\u00e9es, les lignes ont sensiblement boug\u00e9, et laissent entrevoir des perspectives nouvelles. En effet, c\u2019est en 1976 que Jacques Peyron soutient la premi\u00e8re th\u00e8se consacr\u00e9e aux plafonds et \u00ab invente \u00bb cet objet pour l\u2019histoire de l\u2019art. Bien que sa th\u00e8se ne fut jamais publi\u00e9e, son influence fut non n\u00e9gligeable : son choix de se restreindre au domaine languedocien donna jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd\u2019hui un tropisme m\u00e9ridional \u00e0 la recherche dans ce domaine. Celle-ci connue une autre \u00e9tape fondamentale avec la publication, en 2001, d\u2019un premier inventaire des plafonds fran\u00e7ais par Christian de M\u00e9rindol<a href=\"#_ftn1\">[5]<\/a> ; enfin, la cr\u00e9ation de l\u2019<em>Association internationale de Recherche sur les Charpentes et Plafonds Peints M\u00e9di\u00e9vaux<\/em> (RCPPM), en 2008, donna une dynamique nouvelle \u00e0 ce champ de recherche encore tr\u00e8s marginal.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s lors, les \u00e9tudes s\u2019accumulant, l\u2019ensemble des caract\u00e9ristiques d\u00e9crites pr\u00e9c\u00e9demment qui avaient entrav\u00e9 la recherche sur ce <em>medium <\/em>se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es fausses ou d\u00e9su\u00e8tes, et ces plafonds jusque-l\u00e0 m\u00e9pris\u00e9s apparaissent de plus en plus comme une source inesp\u00e9r\u00e9e pour l\u2019historien, lui permettant d\u2019acc\u00e9der \u00e0 des pratiques de l\u2019image \u00e0 la fin du Moyen \u00c2ge pour l\u2019instant totalement m\u00e9connues.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est possible de lister rapidement les \u00e9l\u00e9ments ayant pr\u00e9sid\u00e9 \u00e0 cette petite r\u00e9volution copernicienne. Le premier d\u2019entre eux, qui est le moins quantifiable, est sans doute l\u2019\u00e9volution du go\u00fbt. La remise en cause de l\u2019histoire de l\u2019art par l\u2019anthropologie de l\u2019image en France et Allemagne<a href=\"#_ftn2\">[6]<\/a>, ou les <em>Visual Studies<\/em> aux Etats Unis, ont conduit \u00e0 reconsid\u00e9rer l\u2019\u00e9chelle de valeur entre les \u0153uvres, et a permis de voir avec un \u0153il neuf des \u0153uvres que le go\u00fbt bourgeois du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, largement marqu\u00e9 par la recherche de la <em>mimesis<\/em>, d\u00e9consid\u00e9rait auparavant. C\u2019est ainsi qu\u2019entre une peinture r\u00e9alis\u00e9e sur un closoir \u00e0 Capestang et un tableau ex\u00e9cut\u00e9 par Huet (figure majeure de la Renaissance fran\u00e7aise) en 2008, la sup\u00e9riorit\u00e9 expressive du second sur le premier ne fait plus aujourd\u2019hui consensus (figure 2 et 3).<\/p>\n<table style=\"text-align: justify;\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td valign=\"top\" width=\"243\"><a href=\"https:\/\/rcppm.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/86559_1286463736_hdannonciation_290x420p.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-566\" title=\"annonciation_Jean_Heyck\" src=\"https:\/\/rcppm.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/86559_1286463736_hdannonciation_290x420p-207x300.jpg\" alt=\"\" width=\"207\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/rcppm.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/86559_1286463736_hdannonciation_290x420p-207x300.jpg 207w, https:\/\/rcppm.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/86559_1286463736_hdannonciation_290x420p-208x300.jpg 208w, https:\/\/rcppm.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/86559_1286463736_hdannonciation_290x420p.jpg 290w\" sizes=\"auto, (max-width: 207px) 100vw, 207px\" \/><\/a>Figure 2. Jean Hey, <em>L&rsquo;annonciation<\/em>, 1500, Art Institute of Chicago.<\/td>\n<td valign=\"top\" width=\"398\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone\" title=\"hybride, plafond peint de Capestang\" src=\"http:\/\/medihal.archives-ouvertes.fr\/docs\/00\/55\/06\/36\/archives\/thumb320.jpg\" alt=\"\" width=\"320\" height=\"215\" \/><\/p>\n<p>Figure 3. Hybride, Plafond peint, Capestang, vers 1450.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019ailleurs, une fois correctement mis en valeurs, de nombreux plafonds t\u00e9moignent d\u2019un art du trait d\u2019une \u00e9tonnante vigueur, qui n\u2019est pas insensible aux influences venant d\u2019Italie ou de Flandres, qui modifie en profondeur la r\u00e9alisation des images dans les ann\u00e9es 1300.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus encore, notamment depuis les travaux d\u2019Alain Girard \u00e0 Pont Saint-Esprit, l\u2019analyse syst\u00e9matique des plafonds, notamment par le biais de plans pr\u00e9cis, a permis de montrer que loin de se contenter d\u2019un ordre al\u00e9atoire, ces images r\u00e9pondaient \u00e0 des logiques spatiales parfois tr\u00e8s sophistiqu\u00e9es. Une telle organisation de l\u2019image se retrouve de fa\u00e7on ind\u00e9niable au Palais des archev\u00eaques \u00e0 Capestang<a href=\"#_ftn3\">[7]<\/a>. Dans des plafonds plus modestes, sans que l\u2019on puisse syst\u00e9matiquement rep\u00e9rer la pr\u00e9sence d\u2019un programme constitu\u00e9, il est fr\u00e9quent que certains blasons ou certains motifs soient mis en valeur par l\u2019encadrement sym\u00e9trique de deux figures. C\u2019est par exemple le cas \u00e0 d\u2019\u00celle-sur-T\u00eat (figure 4)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Figure 4. <em>Casa Gispert<\/em>, \u00celle-sur-T\u00eat, XVe (non reproduite)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019image telle qu\u2019elle se pr\u00e9sente dans les plafonds, ne doit donc jamais \u00eatre \u00e9tudi\u00e9e de fa\u00e7on isol\u00e9e, mais ne prend son sens v\u00e9ritable qu\u2019en s\u2019inscrivant au sein d\u2019un r\u00e9seaux de repr\u00e9sentations [&#8230;].<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: right;\">Pierre-Olivier Dittmar,<br \/>\nextrait de <em><a name=\"_Toc158803655\"><\/a><\/em><em><br \/>\nUne source exceptionnelle sur la naissance de la culture visuelle<br \/>\n<\/em>\u00e0 paraitre.<\/p>\n<hr style=\"text-align: justify;\" size=\"1\" \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Le terme de \u00ab closoir \u00bb est pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00e0 ceux parfois utilis\u00e9s d\u2019\u00ab ais d\u2019entrevous \u00bb ou \u00ab paredals \u00bb. cf. P. Bernardi, \u00ab D\u00e9cor et support : quelques \u00e9l\u00e9ments de terminologie relatifs aux charpentes peintes m\u00e9di\u00e9vales \u00bb, in <em>Plafonds peints m\u00e9di\u00e9vaux en Languedoc<\/em>, Colloque de Capestang, Narbonne, Lagrasse, Perpignan, PUP, 2009, p. 51-67.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> E. Viollet-le-Duc, <em>Dictionnaire raisonn\u00e9 de l&rsquo;architecture fran\u00e7aise du XI<sup>e<\/sup> au XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, <\/em>Tome 7, Paris, F. De Nobele, 1868, p. 206-207.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> Il est cependant possible de rep\u00e9rer quelques exceptions et quelques pionniers. A ce propos voir : A. Girard, \u00ab Une exp\u00e9rience pionni\u00e8re : la maison des chevaliers de Pont-Saint-Esprit \u00bb, in <em>Plafonds peints m\u00e9di\u00e9vaux en Languedoc, op. cit., <\/em>p. 15-31.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> Champfleury, [Jules-Fran\u00e7ois-F\u00e9lix Husson, dit]. <em>Histoire de l&rsquo;imagerie populaire<\/em>, Paris, Paul Dentu ed., 1869. A ce propos, on lira : B. Vouilloux, <em>Un art sans art. Champfleury et les arts mineurs<\/em>, Lyon, Fage, 2009.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\">[5]<\/a> C. de M\u00e9rindol, <em>La Maison des Chevaliers de Pont-Saint-Esprit : tome 2 les d\u00e9cors peints. Corpus des d\u00e9cors monumentaux peints et armori\u00e9s du Moyen Age en France<\/em>, Pont-Saint-Esprit, Conseil G\u00e9n\u00e9ral du Gard, 2001.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref2\">[6]<\/a> J.-Cl. Schmitt, <em>Le corps des images, Essais sur la culture visuelle au Moyen \u00c2ge<\/em>, Paris, Gallimard, 2002 ; H. Belting, <em>Pour une anthropologie de l\u2019image<\/em>, Paris, Gallimard, 2004.<a href=\"#_ftnref3\">[7]<\/a> C\u2019est ce que nous avons essay\u00e9 de montrer dans P.-O. Dittmar et J.-Cl. Schmitt, \u00ab Le plafond peint est-il un espace marginal ? \u00bb, in <em>Plafonds peints m\u00e9di\u00e9vaux en Languedoc, Actes du colloque de Capestang<\/em>, Narbonne, Lagrasse 21-23 f\u00e9vrier 2008, Presses Universitaires de Perpignan, 2009, p. 67-98.<\/p>\n<div id=\"_mcePaste\" style=\"overflow: hidden; position: absolute; left: -10000px; top: 0px; width: 1px; height: 1px; text-align: justify;\">\n<p><!-- [if !mso]> <mce:style><! v\\:* {behavior:url(#default#VML);} o\\:* {behavior:url(#default#VML);} w\\:* {behavior:url(#default#VML);} .shape {behavior:url(#default#VML);} --> <!--[endif]--><!-- [if gte mso 9]><xml> <w:WordDocument> <w:View>Normal<\/w:View> <w:Zoom>0<\/w:Zoom> <w:HyphenationZone>21<\/w:HyphenationZone> <w:Compatibility> <w:BreakWrappedTables \/> <w:SnapToGridInCell \/> <w:WrapTextWithPunct \/> <w:UseAsianBreakRules \/> <\/w:Compatibility> <w:BrowserLevel>MicrosoftInternetExplorer4<\/w:BrowserLevel> <\/w:WordDocument> <\/xml><![endif]--><!-- [if gte mso 10]> <mce:style><! \/* Style Definitions *\/ table.MsoNormalTable {mso-style-name:\"Tableau Normal\"; mso-tstyle-rowband-size:0; mso-tstyle-colband-size:0; mso-style-noshow:yes; mso-style-parent:\"\"; mso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt; mso-para-margin:0cm; mso-para-margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:10.0pt; font-family:\"Times New Roman\";} --> <!--[endif]--><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">Au cours des vingt derni\u00e8res ann\u00e9es, un nouveau lieu d\u2019image est apparu, avec ses pratiques propres, son imaginaire singulier. Ce lieu se trouve \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des \u00e9difices de la fin du Moyen \u00c2ge, sur ce qui est improprement appel\u00e9 des plafonds (il s\u2019agit plut\u00f4t de la partie inf\u00e9rieure des planchers de l\u2019\u00e9tage sup\u00e9rieur). Pendant longtemps ces images, dont certaines \u00e9taient pourtant bien visibles, n\u2019ont suscit\u00e9 qu\u2019un int\u00e9r\u00eat tr\u00e8s faible de la part des historiens et des historiens de l\u2019art.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">Comment aurait-il pu en \u00eatre autrement, si l\u2019on consid\u00e8re les handicaps que ce <em>medium <\/em>poss\u00e9dait ? Tout en lui semblait fait pour l\u2019\u00e9carter d\u2019une quelconque curiosit\u00e9 acad\u00e9mique. Sa fragilit\u00e9 tout d\u2019abord. R\u00e9alis\u00e9es sur des petits panneaux de bois (les closoirs<a name=\"_ftnref1\"><\/a>) ces images ont \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement sensibles aux al\u00e9as du temps et des changements de go\u00fbt : elles n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 seulement d\u00e9t\u00e9rior\u00e9es par la suie ou les intemp\u00e9ries, dans la plupart des cas elles ont \u00e9t\u00e9 recouvertes au XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle de badigeons blancs, ou simplement occult\u00e9es par des faux-plafonds (FIG 1).<\/p>\n<table class=\"MsoNormalTable\" style=\"border-collapse: collapse;\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td style=\"padding: 0cm 5.4pt; width: 237.2pt;\" valign=\"top\" width=\"316\">\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"file:\/\/\/C:\/DOCUME%7E1\/VTB846\/LOCALS%7E1\/Temp\/msohtml1\/01\/clip_image002.jpg\" alt=\"P2241005.jpg\" width=\"310\" height=\"242\" \/><\/p>\n<\/td>\n<td style=\"padding: 0cm 5.4pt; width: 244pt;\" valign=\"top\" width=\"325\">\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin-bottom: 0.0001pt; text-align: justify; page-break-after: avoid;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"file:\/\/\/C:\/DOCUME%7E1\/VTB846\/LOCALS%7E1\/Temp\/msohtml1\/01\/clip_image004.jpg\" alt=\"P2241071.jpg\" width=\"320\" height=\"240\" \/><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p class=\"lgende\">Figure 1. <em>Plafond peint avec traces d&rsquo;arrachements du faux-plafond<\/em>. Ancien presbyt\u00e8re de Lagrasse. [Plafond mi-XV<sup>e<\/sup> ; photo P.-O.D, 2008)<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">L\u2019autre probl\u00e8me majeur de ces images est leur localisation. Situ\u00e9es en dehors de l\u2019espace public, dans des lieux souvent priv\u00e9s, ces repr\u00e9sentations ont pu rester pendant cinq si\u00e8cles inconnues du plus grand nombre ; plus encore, cette absence de visibilit\u00e9 et d\u2019acc\u00e8s public emp\u00eachait d\u2019en faire des lieux de m\u00e9moire d\u2019une identit\u00e9 collective. L\u2019approche chauvine du patrimoine, si importante au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, se trouvait pour ainsi dire entrav\u00e9e. T\u00e9moignage de la m\u00e9connaissance ou du peu d\u2019int\u00e9r\u00eat port\u00e9 \u00e0 ces images, le <em>Dictionnaire raisonn\u00e9 de l&rsquo;architecture fran\u00e7aise du XI<sup>e<\/sup> au XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle <\/em>r\u00e9alis\u00e9 par Eug\u00e8ne Viollet Le Duc (1868) porte un regard attentif sur ces structures, mais ne dit pratiquement rien des images qu\u2019elles supportent. Sur les pr\u00e8s de dix pages que comportent sa notice, l\u2019auteur nous indique seulement que : \u00ab Ces entrevous \u00e9taient peints et m\u00eame quelquefois d\u00e9cor\u00e9s de reliefs en pl\u00e2tre. On voit quelques plafonds de ces genres dans de vieilles maisons d\u2019Orl\u00e9ans \u00bb<a name=\"_ftnref2\"><\/a>.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">Par ailleurs, c\u2019est la nature m\u00eame de l\u2019iconographie pr\u00e9sente dans ce support qui posait probl\u00e8me aux historiens de l\u2019art, et emp\u00eachait de la consid\u00e9rer comme un objet d\u2019\u00e9tude \u00e0 part enti\u00e8re<a name=\"_ftnref3\"><\/a>. Par leur mani\u00e8re tout d\u2019abord : r\u00e9alis\u00e9es g\u00e9n\u00e9ralement avec un palette r\u00e9duite, un model\u00e9 sommaire, ces images ne pouvaient s\u2019inscrire dans une histoire des styles, avan\u00e7ant lin\u00e9airement vers une repr\u00e9sentation toujours plus mim\u00e9tique du monde. Leur vigueur graphique, dict\u00e9e notamment par le peu de luminosit\u00e9 que ces images re\u00e7oivent, contribua \u00e0 les tenir \u00e9cart\u00e9es de l\u2019Histoire de l\u2019Art. Ce faisant, les plafonds peints auraient pu \u00eatre int\u00e9gr\u00e9s dans l\u2019int\u00e9r\u00eat pour la culture populaire, qui se d\u00e9veloppe dans <span style=\"background: none repeat scroll 0% 0% lime;\">la seconde<\/span> moiti\u00e9 du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Ce ne fut malheureusement pas le cas non plus, Champfleury, le critique d\u2019art qui initie ce mouvement d\u00e8s les ann\u00e9es 1850, ne disant pas un mot de nos closoirs<a name=\"_ftnref4\"><\/a>. L\u2019imagerie populaire qui int\u00e9resse alors les historiens se concentre avant tout sur des images en lien soit avec la litt\u00e9rature vernaculaire, soit avec la d\u00e9votion populaire. Les plafonds peints, qui n\u2019entraient pas directement dans ces genres, se situaient en travers des cat\u00e9gories d\u2019intelligibilit\u00e9 des historiens.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">En dernier recours, en l\u2019absence d\u2019artistes connus dont il possible de tirer des biographies h\u00e9ro\u00efsantes, et compte tenu du caract\u00e8re tout \u00e0 fait troublant des motifs et de leur r\u00e9partition au sein de l\u2019espace, c\u2019est avant tout l\u2019id\u00e9e d\u2019un art ornemental, r\u00e9p\u00e9titif et al\u00e9atoire qui <span style=\"background: none repeat scroll 0% 0% lime;\">pr\u00e9dominat<\/span> dans l\u2019appr\u00e9hension de ces objets.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\">Cons\u00e9quence de ces caract\u00e9ristiques et signe du manque de visibilit\u00e9 des plafonds dans le champ acad\u00e9mique actuel, l\u2019exposition <em>France 1500<\/em>, qui s\u2019est tenu en automne 2010 au Grand Palais \u00e0 Paris, dresse un panorama impressionnant de l\u2019horizon visuel de cette p\u00e9riode, mais n\u2019\u00e9voque \u00e0 aucun moment le support qui nous int\u00e9resse ici.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis une trentaine d\u2019ann\u00e9es, les lignes ont sensiblement boug\u00e9, et laissent entrevoir des perspectives nouvelles. En effet, c\u2019est en 1976 que Jacques Peyron soutient la premi\u00e8re th\u00e8se consacr\u00e9e aux plafonds et \u00ab invente \u00bb cet objet pour l\u2019histoire de l\u2019art. Bien que sa th\u00e8se ne fut jamais publi\u00e9e, son influence fut non n\u00e9gligeable : son choix de se restreindre au domaine languedocien donna jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd\u2019hui un tropisme m\u00e9ridional \u00e0 la recherche dans ce domaine. Celle-ci connue une autre \u00e9tape fondamentale avec la publication, en 2001, d\u2019un premier inventaire des plafonds fran\u00e7ais par Christian de M\u00e9rindol<a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a> ; enfin, la cr\u00e9ation de l\u2019<em>Association internationale de Recherche sur les Charpentes et Plafonds Peints M\u00e9di\u00e9vaux<\/em> (RCPPM), en 2008, donna une dynamique nouvelle \u00e0 ce champ de recherche encore tr\u00e8s marginal.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s lors, les \u00e9tudes s\u2019accumulant, l\u2019ensemble des caract\u00e9ristiques d\u00e9crites pr\u00e9c\u00e9demment qui avaient entrav\u00e9 la recherche sur ce <em>medium <\/em>se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es fausses ou d\u00e9su\u00e8tes, et ces plafonds jusque-l\u00e0 m\u00e9pris\u00e9s apparaissent de plus en plus comme une source inesp\u00e9r\u00e9e pour l\u2019historien, lui permettant d\u2019acc\u00e9der \u00e0 des pratiques de l\u2019image \u00e0 la fin du Moyen \u00c2ge pour l\u2019instant totalement m\u00e9connues.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est possible de lister rapidement les \u00e9l\u00e9ments ayant pr\u00e9sid\u00e9 \u00e0 cette petite r\u00e9volution copernicienne. Le premier d\u2019entre eux, qui est le moins quantifiable, est sans doute l\u2019\u00e9volution du go\u00fbt. La remise en cause de l\u2019histoire de l\u2019art par l\u2019anthropologie de l\u2019image en France et Allemagne<a href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>, ou les <em>Visual Studies<\/em> aux Etats Unis, ont conduit \u00e0 reconsid\u00e9rer l\u2019\u00e9chelle de valeur entre les \u0153uvres, et a permis de voir avec un \u0153il neuf des \u0153uvres que le go\u00fbt bourgeois du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, largement marqu\u00e9 par la recherche de la <em>mimesis<\/em>, d\u00e9consid\u00e9rait auparavant. C\u2019est ainsi qu\u2019entre une peinture r\u00e9alis\u00e9e sur un closoir \u00e0 Capestang et un tableau ex\u00e9cut\u00e9 par Huet (figure majeure de la Renaissance fran\u00e7aise) en 2008, la sup\u00e9riorit\u00e9 expressive du second sur le premier ne fait plus aujourd\u2019hui consensus (FIG 2 ET 3).<\/p>\n<table style=\"text-align: justify;\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td valign=\"top\" width=\"243\"><a href=\"https:\/\/rcppm.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/86559_1286463736_hdannonciation_290x420p.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-566\" title=\"annonciation_Jean_Heyck\" src=\"https:\/\/rcppm.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/86559_1286463736_hdannonciation_290x420p-207x300.jpg\" alt=\"\" width=\"207\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/rcppm.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/86559_1286463736_hdannonciation_290x420p-207x300.jpg 207w, https:\/\/rcppm.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/86559_1286463736_hdannonciation_290x420p-208x300.jpg 208w, https:\/\/rcppm.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/86559_1286463736_hdannonciation_290x420p.jpg 290w\" sizes=\"auto, (max-width: 207px) 100vw, 207px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Figure 2. Jean Hey, <em>L&rsquo;annonciation<\/em>, 1500, Art Institute of Chicago.<\/td>\n<td valign=\"top\" width=\"398\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone\" title=\"hybride, plafond peint de Capestang\" src=\"http:\/\/medihal.archives-ouvertes.fr\/docs\/00\/55\/06\/36\/archives\/thumb320.jpg\" alt=\"\" width=\"320\" height=\"215\" \/><\/p>\n<p>Figure 3. Hybride, Plafond peint, Capestang, vers 1450.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019ailleurs, une fois correctement mis en valeurs, de nombreux plafonds t\u00e9moignent d\u2019un art du trait d\u2019une \u00e9tonnante vigueur, qui n\u2019est pas insensible aux influences venant d\u2019Italie ou de Flandres, qui modifie en profondeur la r\u00e9alisation des images dans les ann\u00e9es 1300 (FIG 4).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Figure 4. T\u00eate d&rsquo;homme, Plafond de Pomas, d\u00e9but du XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle (d\u00e9tail)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus encore, notamment depuis les travaux d\u2019Alain Girard \u00e0 Pont Saint-Esprit, l\u2019analyse syst\u00e9matique des plafonds, notamment par le biais de plans pr\u00e9cis, a permis de montrer que loin de se contenter d\u2019un ordre al\u00e9atoire, ces images r\u00e9pondaient \u00e0 des logiques spatiales parfois tr\u00e8s sophistiqu\u00e9es. Une telle organisation de l\u2019image se retrouve de fa\u00e7on ind\u00e9niable au Palais des archev\u00eaques \u00e0 Capestang<a href=\"#_ftn3\">[3]<\/a>. Dans des plafonds plus modestes, sans que l\u2019on puisse syst\u00e9matiquement rep\u00e9rer la pr\u00e9sence d\u2019un programme constitu\u00e9, il est fr\u00e9quent que certains blasons ou certains motifs soient mis en valeur par l\u2019encadrement sym\u00e9trique de deux figures. C\u2019est par exemple le cas \u00e0 l\u2019\u00cele-sur-T\u00eat (Fig 5)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Figure 5. <em>Casa Gispert<\/em>, \u00celle-sur-T\u00eat, (DATE)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019image telle qu\u2019elle se pr\u00e9sente dans les plafonds, ne doit donc jamais \u00eatre \u00e9tudi\u00e9e de fa\u00e7on isol\u00e9e, mais ne prend son sens v\u00e9ritable qu\u2019en s\u2019inscrivant au sein d\u2019un r\u00e9seaux de repr\u00e9sentations [&#8230;].<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Pierre-Olivier Dittmar,<br \/>\nextrait de <em><a name=\"_Toc158803655\"><\/a><\/em><em><br \/>\nUne source exceptionnelle sur la naissance de la culture visuelle<br \/>\n<\/em>\u00e0 paraitre.<\/p>\n<hr style=\"text-align: justify;\" size=\"1\" \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> C. de M\u00e9rindol, <em>La Maison des Chevaliers de Pont-Saint-Esprit : tome 2 les d\u00e9cors peints. Corpus des d\u00e9cors monumentaux peints et armori\u00e9s du Moyen Age en France<\/em>, Pont-Saint-Esprit, Conseil G\u00e9n\u00e9ral du Gard, 2001.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> J.-Cl. Schmitt, <em>Le corps des images, Essais sur la culture visuelle au Moyen \u00c2ge<\/em>, Paris, Gallimard, 2002 ; H. Belting, <em>Pour une anthropologie de l\u2019image<\/em>, Paris, Gallimard, 2004.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> C\u2019est ce que nous avons essay\u00e9 de montrer dans P.-O. Dittmar et J.-Cl. Schmitt, \u00ab Le plafond peint est-il un espace marginal ? \u00bb, in <em>Plafonds peints m\u00e9di\u00e9vaux en Languedoc, Actes du colloque de Capestang<\/em>, Narbonne, Lagrasse 21-23 f\u00e9vrier 2008, Presses Universitaires de Perpignan, 2009, p. 67-98.<\/p>\n<div>\n<hr size=\"1\" \/>\n<div id=\"ftn1\">\n<p class=\"MsoFootnoteText\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn1\"><\/a> Le terme de \u00ab closoir \u00bb est pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00e0 ceux parfois utilis\u00e9s d\u2019\u00ab ais d\u2019entrevous \u00bb ou \u00ab paredals \u00bb. cf. P. <span style=\"font-variant: small-caps;\">Bernardi<\/span>, \u00ab D\u00e9cor et support : quelques \u00e9l\u00e9ments de terminologie relatifs aux charpentes peintes m\u00e9di\u00e9vales \u00bb, in <em>Plafonds peints m\u00e9di\u00e9vaux en Languedoc<\/em>, Colloque de Capestang, Narbonne, Lagrasse, Perpignan, PUP, 2009, p. 51-67.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn2\">\n<p class=\"MsoFootnoteText\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn2\"><\/a> <span style=\"font-variant: small-caps;\">E. Viollet-le-Duc<\/span>, <em>Dictionnaire raisonn\u00e9 de l&rsquo;architecture fran\u00e7aise du XI<sup>e<\/sup> au XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, <\/em>Tome 7, Paris, F. De Nobele, 1868, p. 206-207.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn3\">\n<p class=\"MsoFootnoteText\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn3\"><\/a> Il est cependant possible de rep\u00e9rer quelques exceptions et quelques pionniers. A ce propos voir : A. <span style=\"font-variant: small-caps;\">Girard<\/span>, \u00ab Une exp\u00e9rience pionni\u00e8re : la maison des chevaliers de Pont-Saint-Esprit \u00bb, in <em>Plafonds peints m\u00e9di\u00e9vaux en Languedoc, op. cit., <\/em>p. 15-31.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn4\">\n<p class=\"MsoFootnoteText\" style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn4\"><\/a> <a name=\"_Toc155594312\"><\/a><a name=\"_Toc155594295\"><\/a>, [Jules-Fran\u00e7ois-F\u00e9lix Husson, dit]. <em>Histoire de l&rsquo;imagerie populaire<\/em>, Paris, Paul Dentu ed., 1869. A ce propos, on lira : B. <span style=\"font-variant: small-caps;\">Vouilloux<\/span>, <em>Un art sans art. Champfleury et les arts mineurs<\/em>, Lyon, Fage, 2009.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au cours des vingt derni\u00e8res ann\u00e9es, un nouveau lieu d\u2019image est apparu, avec ses pratiques propres, son imaginaire singulier. 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