Les bonnes pratiques photographiques

LES BONNES PRATIQUES POUR LA PHOTOGRAPHIE DOCUMENTAIRE DES
PLAFONDS MEDIEVAUX EN BOIS, PEINTS.

Réaliser des photographies documentaires, pleinement exploitables pour une étude préalable, pour l’analyse artistique et historique, ou pour la publication d’un plafond médiéval en bois, peint, comporte un nombre certain de difficultés.L’association pour la Recherche sur les Charpentes et Plafonds Peints Médiévaux (RCPPM) y est confrontée régulièrement au cours de ses travaux et publications; partager cette expérience et contribuer à faciliter les travaux photographiques sur les plafonds peints médiévaux ont guidé la rédaction de ce texte.

Son objectif est double :

  1. aider le commanditaire d’une campagne photographique à préparer le cahier de charges et à lui fournir des critères pour l’évaluation du travail effectué ,
  2. fournir au photographe un mémento pour l’aider à préparer sa campagne, en l’alertant sur les difficultés qu’il est susceptible de rencontrer.

La photographie à des fins d’analyse scientifique, aux techniques extrêmement prometteuses, est exclue de ce dossier : nous envisageons de la traiter ultérieurement.

Le texte est subdivisé en 2 parties : la première évoque la problématique générale de la prise de vue photographique des plafonds peints, en bois ; la deuxième partie comporte 3 fiches descriptives et constitue un mémento pratique pour aider tous ceux qui à un titre quelconque seront confrontés à la commande d’une campagne photographique sur des plafonds en bois peints, ou à sa réalisation.

Et parce que chaque plafond est un cas particulier, ce texte est appelé à évoluer de manière collaborative : vos remarques et vos expériences seront les très bien venues !.

Capestang (Hérault). Château des archevêques de Narbonne. Vue générale de l’ancienne salle d’apparat. Plafond vers 1450. Assemblage panoramique de 12 images pour obtenir une image unique en haute définition (original de 49 Mpx.)permettant l’exploration poussée des détails.

1. Trois niveaux d’information pour un plafond

Un plafond est, par fonction, peu mobile.

Son étude appelle le déplacement du chercheur ou du professionnel du patrimoine. Et l’examen de son décor est souvent malaisé car, loin des yeux, mal éclairé, l’observation fine nécessite l’installation d’échelles ou d’échafaudages.

C’est pourquoi dans l’étude des plafonds peints médiévaux, la photographie qui, évidemment, ne saurait remplacer l’analyse rapprochée, est un intermédiaire particulièrement indispensable pour faire circuler l’information entre chercheurs et professionnels du patrimoine. Sans compter l’importance évidente de son rôle, dans la diffusion large des connaissances par voie éditoriale.

Encore faut-il que les photographies disponibles soient de qualité appropriée. Par « qualité appropriée», entendons ici l’image photographique capable de remplir son rôle informatif au regard des questions que le professionnel (chercheur, conservateur, restaurateur, etc.) peut se poser sur le décor du plafond.

Ces questions résident principalement à trois niveaux :

  • conditions de la découverte et mise au jour d’un nouveau plafond ,
  • analyse de la structure et du décor dans le cadre d’une étude préalable ou d’une étude scientifique ,
  • publication.

Pour répondre à chacun de ces 3 niveaux de questionnement, la couverture photographique systématique et complète d’un plafond peint médiéval comportera, au moins, trois campagnes photographiques spécifiques.

PROBLEMATIQUES GENERALES DE LA PRISE DE VUE DE PLAFONDS

La couverture photographique documentaire d’un plafond comporte trois étapes d’enregistrement photographique qui se traduisent chacune par une campagne particulière:

  • A la découverte et mise au jour d’un nouveau plafond (plafonds cachés sous faux-plafond ou sous des repeints) : il s’agit d’enregistrer les conditions de découverte et de dégagement ,
  • Plafond déjà répertorié : campagne « état des lieux »  pour permettre la préparation de son étude scientifique ou à sa restauration  ,
  • Edition : il s’agit de donner une image lisible du décor, souvent après intervention (nettoyage ou restauration).

Trois campagnes complémentaires pour un seul plafond : éléments communs aux 3 campagnes

Point commun entre les trois campagnes : 2 ordres de grandeur sont à traiter :

  • en mode large, la contextualisation du plafond : vues générales de l’espace couvert par le plafond, liens avec les murs et avec le décor mural (le cas échéant) et, éventuellement, liaison avec des espaces contigus.
  • en mode rapproché : le décor et ses détails.

Chacun de ces 2 ordres de grandeur demande une approche technique appropriée.

Lagrasse (Aude). Maison n° 6 de la rue Foy. Vue générale de la salle du premier étage. Relation structurelle du plafond avec la cheminée et l’éclairage de la pièce. Technique HDR pour équilibrer la lumière naturelle et l’image, sombre, du plafond.

Lagrasse (Aude). Maison n° 6 de la rue Foy. Vue rapprochée du plafond précédent pour décrire la variété de la mouluration et le lien structurel avec les closoirs. Décor du début du XVIe siècle.

Techniques photographies préconisées

Compte tenu de l’essor et de la souplesse de la prise de vu numérique, les préconisations ne concerneront que cette technologie.
Format : D’une manière générale, la photographie des plafonds participe de la photographie de monuments.
Les grands espaces architecturaux (salles complètes, pans de décor mural en relation avec le décor du plafond, édifices complets, etc) nécessitent des photographies de grande qualité. Les appareils de moyen à grand format, fournissant des fichiers très riches en détails, y compris dans les parties peu éclairées (nombreuses dans le cas des plafonds) sont ici appropriés. Ils doivent être équipés de dispositifs (soufflet) ou d’objectifs capables de corriger les perspectives géométriques par décentrement de l’axe optique.

Pour les corpus des décors et le détail des figurations, des appareils plus légers de type « reflex » (de préférence au format de capteur 24X36), conviennent mieux par leur plus petite taille et leur souplesse d’utilisation.

Qualité du détail et sensibilité : Le travail à ISO natif (entre 50 et 200 ISO, selon les appareils) reste indispensable à l’heure actuelle. Malgré les grands progrès des appareils professionnels et des logiciels de traitement pour limiter le bruit numérique, les bases sensibilités restent une garantie de qualité du détail. Le travail en bas ISO et la nécessité de disposer d’une bonne profondeur de champ, contraignent souvent à des temps de pose longs, ce qui ne pose pas de problèmes particuliers (à part la nécessité de placer l’appareil sur pied !) étant donné l’immobilité des sujets.

Eclairage : L’éclairage artificiel, à température de couleur calibrée, est à recommander. Il présente une homogénéité et une stabilité chromatique que l’éclairage naturel, si dépendant des heures de la journée et des conditions climatiques, ne saurait offrir. En outre l’éclairement es sujets est reproductible, ce qui est important car seules des conditions similaires de prise de vue de chacun des motifs du décor permettront la comparaison sérieuse, à partir des images photographiques. La reproductibilité de l’éclairage artificiel garantit aussi la possibilité de continuité de travail ou l’ajustement des campagnes photo ultérieures, pour faciliter les comparaisons. Point important : la fiabilité des couleurs implique l’utilisation d’une charte de couleurs de référence.

Rapport technique : La couverture photographique faite à des fins documentaires ou conservatoires, doit être accompagnée d’un rapport technique portant toutes les caractéristiques du matériel et des techniques mises en œuvre pour la prise de vue (EXIFS), pour l’éclairage et pour le processus de post-traitement de l’image numérique ainsi que les références de la mire chromatique utilisée.

2. LES CAMAPGNES PHOTOGRAPHIQUES SPECIFIQUES
Mémento pratique


1- Découverte d’un plafond

Lagrasse (Aude). Maison n° 14 de la rue des Deux ponts. Closoir au moment de sa mise au jour lors de la démolition d’un faux plafond. Photo prise au cours du chantier avec un smartphone. Malgré ses limites techniques, la photo-témoignage a permis de prendre conscience de l’intérêt du décor et de modifier le chantier pour éviter la dégradation, voire la disparition, d’un ensemble de 46 closoirs du début du XVIe siècle.

Puisserguier (Hérault). Maison. Etat de découverte du plafond peint. Le décor peint du plafond serait de la fin du XVe siècle ou du tout début du XVIe. Plusieurs couches de peinture ont recouvert le décor ancien. Mais les lignes générales de certains motifs (ici un blason) sont bien perceptibles. L’image, prise de près, gardera la mémoire de « l’état des lieux » à sa découverte et permettra d’évaluer le travail de restauration.

Objet : contextualisation de la découverte.
Sujet : description des travaux techniques de découverte.
La découverte d’un nouveau plafond est souvent le résultat d’un chantier de rénovation ou de démolition.

Cette campagne s’attachera à enregistrera les conditions de découverte, les éléments détruits pour la mise au jour du plafond et pourra illustrer les « accidents » imputables au travail de dégagement, à distinguer des autres « accidents » subis par le plafond au cours de son histoire.

Parce qu’elle implique le suivi de l’évolution du chantier, les conditions de cette campagne son très dépendantes de conditions d’accès au plafond lors de sa découverte.

Contenu :

A ce stade, la campagne photographique doit être le plus « neutre » possible : il s’agit de retracer les conditions et l’état de découverte le plus objectivement possible.

L’esprit de cette campagne est celui du reportage : le détail du récit prime sur la qualité de reproduction du décor. Toutefois, le décor doit être traité le mieux possible (techniquement est exhaustivement).

Il importe de photographier tous les indices susceptibles de révéler la relation de l’iconographie avec l’espace couvert et avec son histoire. Les « accidents », tels graffitis, traces d’outil etc. sont à prendre en compte car ils font partie du vécu du plafond et ils peuvent comporter des indications utiles pour la conservation et s’avérer des précieux indices de son histoire.

La couverture comporte :

  • des photos de détail des opérations et gestes techniques (ex : découpage à la tronçonneuse d’un faux plafond moderne en plâtre),
  • des vues de détail mettant en relation le contexte actuel avec le décor ancien (ex : implantation du support d’un faux plafond, tels des clous sur une poutre),
  • des vues du décor avec des empreintes des travaux ultérieurs à sa réalisation (ex : projections de plâtre collées sur les closoirs décorés),
  • des vues d’ensemble pour contextualiser l’espace des travaux.

Des très nombreuses photos doivent être réalisées car l’importance des gestes et des processus, perçus comme routiniers sur le chantier, peuvent se révéler ultérieurement signifiants. L’essentiel est de constituer un corpus important de photographies (le film peut ici rendre aussi des services notoires) pour retranscrire le processus de dégagement.

Conditions de travail : On devra parfois travailler dans l’urgence (on est dans une dynamique de type « sauvetage ») et se contenter des conditions existantes, y compris (s’il n’est pas possible de faire mieux) le simple enregistrement avec un appareil photographique amateur.
Dans les meilleurs cas, lorsque le suivi photographique peut être intégré au chantier, le photographe devra établir un calendrier de prises de vue et un protocole avec le responsable du chantier pour pouvoir couvrir les étapes du dégagement.

Préconisations techniques
Prise de vue :
Qualité technique : type « reportage » :
Format : RAW (préféré) JPEG (acceptable) s’il n’est pas possible de faire mieux.
Taille de capteur (souhaitée) : APS-C ou supérieur
Sensibilité ISO : 200 à 1600 (voire 3.200 sur capteur APS-C ou supérieur)
Définition native souhaitable : 12 Mpixels ( 4000 X 3000) ou plus.

Post-production :
développement des fichiers RAW avec, éventuellement, réduction du bruit et augmentation du gain pour la lisibilité optimale de l’image.
Pas d’intervention interprétative.

Livrables :
Fichiers JPEG à compression sans perte, non redimensionnés (EXIF inclus)
Planche « contact » imprimée, de préférence à grandes vignettes (4,4X 4,4 minimum), comportant les numéros d’identification de chaque photo pour permettre le repérage visuel
Si possible : Fichiers Tiff à la résolution native, profondeur 8 bits (ou supérieur).

2 – Plafond répertorié

Lagrasse (Aude). Maison n° 14 de la rue des Deux ponts. Le même closoir que précédemment (4), photographié après dégagement complet du faux plafond. L’état de conservation est remarquable : la photo prise de près, avec un objectif pour macrophotographie, permet de lire la technique du peintre, intervenant par hachures pour apporter lumières et ombres, sur une base colorée en aplat. Un futur (?) restaurateur pourra évaluer son travail (nettoyage des projections de plâtre, consolidation partielle des couches, etc.) avant d’intervenir sur le closoir.

C’est une campagne essentielle car elle gardera la mémoire du plafond dans son état lors de son invention avant intervention.

Il importe que la campagne photographique prenne en compte l’environnement général du bâti et mette en relation le plafond avec la structure de la pièce, ses ouvertures, ses aménagements, et du reste du décor lorsqu’il existe.

Les vues générales de la pièce devront varier les angles de prise de vue afin de pouvoir comprendre la contextualisation du plafond en rapport avec les éléments marquants de l’aménagement de l’espace : portes (y compris portes murées), cheminée , fenêtres, décor mural (le cas échéant).

Pour les détails du décor (closoirs, poutres peintes, etc.) les accidents (griffures, traces de suie, fissures, décollements de la couche picturale, manques …) sont importants à enregistrer car ils pourront s’avérer signifiants pour les restaurateur et pour le chercheur.

Lagrasse (Aude). Maison n° 14 de la rue des Deux ponts. Closoir (début du XVe siècle), avec marque de marchand, tel quel après, dégagement du faux plafond en plâtre, qui l’occultait. Photographie prise de près, avec un objectif pour la macrophotographie.

Lagrasse (Aude). Maison n° 14 de la rue des Deux ponts. Le grossissement de l’image précédente permet de voir qu’avant la pose du faux plafond (XIXe siècle?) la marque de marchand de ce closoir a été lacérée avec un outil pointu. Le corpus photographique complet des 63 closoirs restants de ce plafond permet de constater que cette dégradation volontaire n’affecte que ce closoir. Reste à la recherche à en déterminer les raisons…

Compte tenu de la quantité des motifs décorant couramment un plafond et des diverses configurations des supports (poutres, merrains, couvre-joints, closoirs, consoles …) cette campagne est lourde et longue.

Contenu : Elle comprend des prises de vue générales de l’espace couvert par le plafond (pour sa contextualisation) et la totalité des détails du décor et de la structure du plafond.

Conditions de travail :
Les prises de vue de l’espace complet qui peuvent nécessiter le contrôle de la perspective par décentrement de l’axe optique de l’objectif. La présence de points chauds (fenêtres) et de zones très sombres (corniches du plafond, espace entre les poutres…) posera sans doute des problèmes pour la gestion des contrastes. Un éclairage artificiel approprié ou, éventuellement, la technique dite HDR, peuvent pallier ces difficultés.

Pour les détails du décor il doit être prévu l’installation d’un matériel d’approche de type échafaudage mobile afin que la prise de vue soit réalisée près du motif, avec un éclairage contrôlé. Les images prises au niveau du sol, même avec une longue focale de qualité, ne sont à recommander car des détails susceptibles d’être signifiants ne seront pas forcément mis en évidence.
Il importe que le photographe soit accompagné d’un spécialiste du décor des plafonds pour définir sur place le nombre de détails à photographier pour chaque motif. Ce travail, minutieux, est totalement incompatible avec la présence d’autres personnes en même temps sur la plateforme de prises de vue. L’examen visuel du plafond et son relevé dessiné doivent impérativement être faits en dehors du temps dévolu à la photographie.

Géométrie : Une attention particulière doit être portée à a géométrie de l’image : les planchettes formant closoir sont inclinées par rapport à la verticale des murs ; le plan du capteur de l’appareil photographique doit être, en conséquence, parallèle à la surface du closoir pour éviter toute déformation géométrique.

La photographie du décor sur les joues des consoles pose un autre problème dû au manque de recul pour placer l’appareil photographique sur un plan parallèle à la surface décorée. Un objectif à décentrement peut s’avérer utile, à condition de permettre une mise au point rapprochée.

Reflets spéculaires :
Les reflets spéculaires sur la couche peinte nuisent à la lisibilité du motif. Cependant, certains reflets permettent de mettre en évidence les irrégularités signifiantes du support (veines du bois, coups de rabot, etc). On ne peut pas donner des critères précis et universels quant au bon équilibre entre l’absence de reflets gênants et présence de reflets signifiants. Chaque pièce est un cas d’espèce.

Deux cas sont particulièrement difficiles à traiter :

  • le décor verni, car la couche transparente du vernis produit des reflets difficilement contrôlables. Dans ces cas là, l’utilisation d’un filtre polarisant, voire de polarisants croisés, peut être la seule solution.
  • Le closoir marouflé, car le papier, support du dessin peut devenir translucide avec le temps ; la couche inférieure peut transparaître créant des reflets diffus qui nuiront à la lisibilité du dessin . Seul un éclairage orienté permet de minimiser ce genre de problème.

L’éclairage : l’éclairage artificiel est à privilégier à condition qu’il soit calibré. L’utilisation d’une charte de référence chromatique est indispensable.
Deux méthodes d’éclairage sont à utiliser :

  • éclairage uniforme pour privilégier le graphisme et les couleurs du décor peint ;
  • éclairage avec ombres portées pour mettre en relief, dans la mesure du possible, les accidents du support, de la couche peinte, voire la superposition des couches de peinture. Ce détail est particulièrement important en bordure des closoirs pour mettre en évidence leur réalisation sur place ou au sol.

Préconisations techniques
Prise de vue
Qualité technique : Type « Reproduction »
Format : RAW
Pour vues générales : Taille du capteur : moyen format (4,5X6) ou 4X5 inch.
Pour vues de détail : Taille du capteur : 24 X 36 (minimum : APS-C)
Sensibilité : ISO 50 à 100 (sensibilité native de l’appareil)
Définition native souhaitable minimum : 16 Mpixels
Une mire de calibrage des couleurs est nécessaire.

Post-production :
développement des RAW avec vérification de la température de couleur par rapport à la mire de référence utilisée à la prise de vue. Eventuellement, augmentation du gain pour la lisibilité optimale de l’image.
Pas d’intervention interprétative.

Livrables :
Fichiers Tiff à la résolution native, profondeur 8 bit (ou, mieux, 16 bits)
Fichiers JPEG à compression sans perte, non redimensionné (EXIF inclus)
Planche « contact » imprimée, de préférence à grandes vignettes (4,4X 4,4 minimum) comportant les numéros d’identification de chaque photo et de chaque motif afin de permettre le repérage visuel.

Rapport technique :
Conditions générales de la prise de vue
Problèmes rencontrés
Descriptif technique
Appareil de prise de vue
EXIFS (objectifs, Ouvertures, vitesse, etc.)
Eclairage : type (flash, LED, incandescence…)
Température de couleur de la source
Mire chromatique de référence
Post-traitement : logiciel de développement
Processus

3 – Edition d’un plafond

Narbonne (Aude). Palais des archevêques. Closoir, milieu du XIIIe siècle. La photographie, prise de près, laisse lisibles les caractéristiques, par la gestion des brillances, la nature du support (veines et fissures du bois), les empreintes de l’outil du charpentier et permet d’expliciter la technique du peintre (traits de cerne noir, touches fines noires, modulées, pour mettre en évidence la musculature, posés sur l’aplat de couleur claire matérialisant l’élégant corps du quadrupède).

Objet : édition (publication du décor du plafond)
comparatif avant-après restauration.

Sujet : Réalisation d’images après restauration, appropriées pour l’édition et l’illustration.
Pour l’édition on peut souhaiter publier des images « propres », après le travail des restaurateurs.

Les conditions de prise de vue son très semblables à celles de la campane 2 (échafaudage, éclairage artificiel etc).

L’esprit général es proche du travail de reproduction, mais avec la difficulté de devoir photographier dans des espaces très contraints par la proximité des éléments de structure (supports, merrains, …).

Les emplacements possibles pour les éclairages sont de ce fait limités et ne correspondent pas souvent avec ce qui aurait été souhaitable dans le cadre d’une photographie de reproduction. La difficulté est accrue encore du fait de devoir déplacer l’ensemble du dispositif d’éclairage de closoir en closoir.

Aussi la proximité des supports gêne fortement le positionnement de l’appareil de prises de vue, qui ne pourra pas toujours être placé parallèlement à la surface à reproduire.

Les paramètres techniques sont proches de la campagne 2. Toutefois, il est souhaitable que les photos issues de cette campagne puissent avoir un pouvoir d’agrandissement « éditorial » (prévoir résolution minimum 30 X40 à 300 dpi).

Préconisations techniques

Prise de vue
Qualité technique : Type « Reproduction »
Format : RAW
Pour vues de détail : Taille du capteur : 24 X 36
Sensibilité : ISO 50 à 200
Définition native supérieure à 16 Mpixels

Post-production :
développement des RAW avec vérification de la température de couleur et, éventuellement, augmentation du gain pour la lisibilité optimale de l’image.

Livrables :
fichiers Tiff à la résolution native, profondeur 16 bits
Fichiers JPEG à compression sans perte, non redimensionné (EXIF inclus)
Planche « contact » imprimée, de préférence à grandes vignettes (4,4X 4,4 minimum), comportant les numéros d’identification de chaque photo pour permettre le repérage visuel.

Rapport technique :
Conditions générales de la prise de vue
Problèmes rencontrés
Descriptif technique :
Appareil de prise de vue
EXIFS (objectifs, ouvertures, vitesse , etc)
Eclairage : type (flash, LED, incandescence…)
Température de couleur de la source
Mire chromatique de référence
Post-traitement : logiciel de développement et processus.

Georges Puchal
Agence Ponctuation monumentale
pour RCPPM
avril 2015

photos © G. Puchal/ RCPPM
sauf n° 4, © J.-P. Sarret.